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Campus IA Fouju : salle de serveurs d'un data center illustrant le méga-projet de Seine-et-Marne

Campus IA à Fouju : le méga data center de 50 milliards d’euros face à deux recours en justice

🌍 Environnement
26 septembre 2026
⚠️ À noter d’emblée : l’article source de Reporterre, qui a révélé l’annonce de deux recours distincts, n’a pas pu être consulté en intégralité au moment de la rédaction (accès restreint). Les informations ci-dessous ont été recoupées auprès de cinq sources indépendantes (voir 📚 Sources) ; le détail exact de la répartition des deux recours entre leurs auteurs reste à confirmer.

📋 Sommaire

  1. Pourquoi deux recours contre le Campus IA de Fouju ?
  2. Un data center dix à quinze fois plus grand que la norme
  3. MGX, Bpifrance, Mistral, Nvidia : qui finance Campus IA ?
  4. Une autorisation préfectorale controversée
  5. Stop IA à Fouju : le collectif qui prépare les recours
  6. Eau, PFAS, électricité : ce que disent les chiffres
  7. Entre espoirs économiques et colère : les voix de Fouju
  8. Un maillon de plus dans la contestation nationale
  9. Questions fréquentes
À Fouju, petite commune de 637 habitants en Seine-et-Marne, à environ 40 kilomètres au sud-est de Paris, le projet baptisé « Campus IA » doit devenir le plus grand data center d’Europe dédié à l’intelligence artificielle : 11 bâtiments, 1,4 gigawatt de puissance électrique à terme — l’équivalent d’un réacteur nucléaire EPR — et 50 milliards d’euros d’investissement annoncés. Le préfet de Seine-et-Marne a validé le projet le 29 juillet 2026. Un collectif d’associations et d’agriculteurs, baptisé « Stop IA à Fouju », annonce le dépôt de deux recours en justice contre cette autorisation, dénonçant une enquête publique « bâclée » et des impacts environnementaux minimisés.

🎯 Pourquoi deux recours contre le Campus IA de Fouju ?

Selon Reporterre, deux recours en justice distincts seraient déposés contre l’arrêté préfectoral du 29 juillet 2026 autorisant le méga data center « Campus IA » à Fouju (Seine-et-Marne). Le collectif « Stop IA à Fouju » — qui réunit France Nature Environnement, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), la Confédération paysanne et Les Soulèvements de la Terre — conteste la régularité de l’enquête publique et l’ampleur des atteintes à l’environnement (artificialisation de 90 hectares de terres agricoles, consommation électrique et risques liés aux polluants éternels PFAS) qu’il juge sous-évaluées dans le dossier d’autorisation.


📐 Un data center dix à quinze fois plus grand que la norme

Le projet « Campus IA » est présenté par ses opposants comme « dix à quinze fois plus gros qu’un data center classique », selon Jean-François Dupont, de France Nature Environnement Seine-et-Marne (FNE 77), cité par France 3 Île-de-France. Les chiffres avancés par plusieurs médias spécialisés (DCmag, Next.ink) et confirmés par la presse locale (La Gazette France) convergent :

  • Surface : environ 89 à 90 hectares de terres agricoles, dont 70 à 73 hectares seront effectivement construits — la première phase portant sur 38 hectares.
  • Puissance électrique : jusqu’à 1,4 gigawatt (GW) à pleine capacité, soit l’équivalent de la production d’un réacteur nucléaire EPR, ou la consommation annuelle de 200 000 foyers français.
  • Investissement : annoncé entre 30 et 50 milliards d’euros à l’horizon 2038, dont environ 28 milliards consacrés au seul achat de processeurs graphiques (GPU) Nvidia, composants spécialisés indispensables à l’entraînement des modèles d’IA.
  • Bâtiments : 11 data centers de 20 mètres de haut, plus un bâtiment de formation, selon Next.ink.
  • Emplois : entre 300 et 500 emplois directs annoncés par les porteurs du projet.

Un communiqué relayé par la pétition de FNE Île-de-France résume l’ordre de grandeur autrement : le site « consommerait en une demi-journée autant d’électricité que toute la commune de Fouju en un an » une fois à pleine puissance.


🤝 MGX, Bpifrance, Mistral, Nvidia : qui finance Campus IA ?

Le projet est porté par une co-entreprise baptisée « Campus AI », dont le financement principal provient de MGX, un fonds d’investissement souverain des Émirats arabes unis dédié à l’intelligence artificielle, dans le cadre d’un accord franco-émirati sur l’IA. Selon La Gazette France et DCmag, le tour de table associe également Bpifrance (banque publique d’investissement française), la start-up française d’IA générative Mistral AI, et le fabricant américain de puces Nvidia, fournisseur des processeurs graphiques nécessaires à l’entraînement des modèles.

Ce montage diffère des projets français précédents dominés par des opérateurs de data centers déjà installés (Data4, Equinix) : ici, c’est un consortium mêlant capitaux souverains étrangers, argent public français et acteurs de la chaîne de valeur de l’IA (fournisseur de puces et éditeur de modèles) qui porte directement l’infrastructure. Le projet serait par ailleurs soutenu au plus haut niveau de l’État, plusieurs médias évoquant un dossier « voulu par l’Élysée » dans le cadre de la stratégie française de souveraineté en IA.


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📜 Une autorisation préfectorale controversée

L’enquête publique s’est déroulée du 30 avril au 30 mai 2026, soit 31 jours. La commission d’enquête a rendu un avis favorable début juillet, avant que le préfet de Seine-et-Marne ne signe l’arrêté d’autorisation le 29 juillet 2026. Les travaux de la première phase ont démarré dès septembre 2026, avec une mise en service visée pour 2028, puis deux phases supplémentaires prévues entre 2030 et 2033, puis 2034 et 2038.

C’est précisément la rapidité et le cadre de cette procédure que conteste le collectif d’opposants, qui parle d’une « enquête publique bâclée ». Selon Basta!, France Nature Environnement avait demandé, en amont, une prolongation de quinze jours de l’enquête publique — une requête qui n’aurait pas été suivie d’effet. L’arrêté préfectoral interdit explicitement l’utilisation de la nappe phréatique locale (la nappe de Champigny) pour le refroidissement des serveurs, mais autorise une extraction pouvant aller jusqu’à 200 000 mètres cubes d’eau pour les besoins du chantier, jusqu’en 2036.

🗓️ Chronologie des événements clés

  • Mai 2026 — lancement de la pétition de France Nature Environnement Île-de-France contre le projet.
  • 30 avril – 30 mai 2026 — enquête publique (31 jours).
  • 29 juillet 2026 — le préfet de Seine-et-Marne autorise le projet « Campus IA ».
  • Août 2026 — la pétition dépasse les 47 000 signatures ; réunion citoyenne le 29 août à l’Espace Saint-Jean de Melun.
  • Septembre 2026 — début des travaux de la première phase (38 hectares) ; annonce par Reporterre de deux recours en justice à venir contre l’arrêté préfectoral.
  • 2028 — mise en service annoncée de la première phase du site.

✊ Stop IA à Fouju : le collectif qui prépare les recours

L’opposition au projet s’est structurée autour du collectif « Stop IA à Fouju », qui rassemble France Nature Environnement Seine-et-Marne (FNE 77) et Île-de-France, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), la Confédération paysanne (organisation syndicale agricole), Les Soulèvements de la Terre (mouvance de désobéissance civile écologiste), et selon Basta!, également l’union syndicale Solidaires et l’Alliance écologique et sociale.

Plusieurs porte-parole se sont exprimés publiquement. Jean-François Dupont, pour FNE 77, dénonce un projet « dix à quinze fois plus gros qu’un data center classique ». Pauline Isambert, élue de la Confédération paysanne d’Île-de-France, qualifie le projet de « non-sens écologique » et pointe une consultation menée « à marche forcée ». La conseillère régionale Céline Malaisé a de son côté dénoncé un projet « hors normes ». La pétition portée par FNE Île-de-France, qui avait franchi les 47 000 signatures fin août, en revendiquait 50 000 début septembre selon la plateforme GreenVoice.

Selon les informations disponibles à ce stade, aucun recours n’a été formellement confirmé comme déposé au tribunal administratif au moment de la rédaction de cet article — Reporterre évoque leur dépôt « à venir ». Aucune communication officielle des porteurs du projet (MGX, Bpifrance, Mistral, Nvidia) n’a été recensée en réponse aux critiques du collectif.


💧 Eau, PFAS, électricité : ce que disent les chiffres

Trois sujets environnementaux reviennent systématiquement dans les critiques adressées au projet :

L’eau. L’arrêté préfectoral interdit le recours à la nappe phréatique locale pour le refroidissement des serveurs, qui reposera sur des unités de climatisation en toiture. Une extraction d’eau reste toutefois autorisée pour la phase de chantier, plafonnée à 200 000 mètres cubes jusqu’en 2036 — un chiffre confirmé par France 3 Île-de-France.

Les PFAS. Les systèmes de refroidissement utiliseraient un gaz réfrigérant fluoré (référencé R1234ze dans certaines sources), dont le volume est estimé différemment selon les sources : 601 tonnes selon Next.ink, contre 514 tonnes annuelles selon la pétition relayée par FNE Île-de-France, qui évoque une fuite possible d’environ 15 tonnes par an dans l’environnement. Cette famille de composés perfluorés, dits PFAS ou « polluants éternels » car ils ne se dégradent pas naturellement, fait l’objet d’une inquiétude croissante documentée par Liberta Press dans le cadre du rapport ChemSec sur les data centers d’IA. L’écart entre ces deux estimations n’a pas pu être tranché à partir des sources publiques disponibles.

L’électricité et la chaleur. À pleine capacité, la consommation électrique du site (1,4 GW) équivaudrait à celle de 200 000 foyers français. Le raccordement est prévu en plusieurs étapes par RTE (Réseau de Transport d’Électricité, gestionnaire du réseau électrique à haute tension) : 240 mégawatts fin 2027, puis 700 mégawatts avant fin 2029. La chaleur générée par les serveurs — qualifiée de « chaleur fatale », c’est-à-dire une chaleur résiduelle non utilisée par défaut — serait en partie récupérée pour chauffer le centre de formation du site, des serres agricoles voisines, un futur établissement pénitentiaire, et la ville de Melun (sous-préfecture de Seine-et-Marne, à une dizaine de kilomètres) aurait également manifesté un intérêt pour en bénéficier.


🏘️ Entre espoirs économiques et colère : les voix de Fouju

Le maire de Fouju, Jonathan Wochenmayer, en poste depuis 2020, soutient le projet. Il met en avant les retombées financières attendues pour cette commune de 637 habitants et affirme, selon La Gazette France, que ce data center serait « la moins impactante » des options envisagées pour le territoire, le site étant situé à environ 2,8 kilomètres du centre du village. D’autres habitants, cités dans la presse locale, espèrent des retombées économiques via l’emploi et la fiscalité locale.

À l’inverse, les organisations agricoles et environnementales locales redoutent une artificialisation irréversible de terres cultivées, dans un département déjà sous pression foncière du fait de la proximité de la région parisienne. La Confédération paysanne insiste sur la perte de terres nourricières dans un contexte de tensions sur la souveraineté alimentaire, tandis que la LPO met en avant les risques pour la biodiversité du plateau agricole concerné.


🔗 Un maillon de plus dans la contestation nationale

Le dossier de Fouju s’inscrit dans une série d’articles que Liberta Press consacre à l’impact environnemental des data centers dédiés à l’intelligence artificielle. Nous avions déjà documenté un projet comparable à Rantigny, dans l’Oise, où un investissement de 4 milliards d’euros divise également les riverains, ainsi que un rapport des Nations unies chiffrant à 448 térawattheures la consommation électrique mondiale des data centers d’IA en 2025, et un rapport de l’ONG ChemSec sur la relance de la production mondiale de PFAS liée à la course à l’IA — précisément la famille de polluants que redoutent les opposants au projet de Fouju.

Un article consacré à la contestation des data centers aux États-Unis, où l’opposition citoyenne dépasse le clivage partisan habituel, est en cours de finalisation éditoriale chez Liberta Press et n’est pas encore publié à ce stade ; il ne peut donc pas être cité en lien actif ici. Le cas de Fouju confirme en tout état de cause que la mobilisation contre les méga data centers d’IA n’est plus un phénomène isolé ou circonscrit aux États-Unis : elle touche désormais plusieurs départements français, avec des recours similaires signalés par la presse dans les Bouches-du-Rhône (projets de Pennes-Mirabeau et Bouc-Bel-Air).


✅ Conclusion

Le projet « Campus IA » de Fouju cristallise, à une échelle inédite en France, les tensions qui accompagnent la ruée mondiale vers les infrastructures d’intelligence artificielle : investissement colossal, soutien affiché de l’État, mais aussi artificialisation de terres agricoles, incertitudes sur la ressource en eau et sur les polluants PFAS, et contestation citoyenne organisée. L’autorisation préfectorale du 29 juillet 2026 n’a pas éteint le conflit : elle l’a, au contraire, fait entrer dans une phase contentieuse dont l’issue reste incertaine.

À Fouju comme ailleurs, la même question revient : qui décide, au juste, de la vitesse à laquelle un territoire agricole devient une infrastructure stratégique mondiale — et qui en assume, une fois les serveurs allumés, le coût écologique réel ?
⚠️ Rappel sur les limites de cet article : l’article source de Reporterre (26/09/2026) n’a pas pu être consulté dans son intégralité (accès restreint au moment de la rédaction) ; les informations le concernant ont été recoupées via cinq sources indépendantes. La répartition exacte des « deux recours » entre leurs auteurs respectifs, ainsi que le tribunal précis de dépôt et la date exacte, n’ont pas pu être confirmés à partir des sources publiques consultées. Les volumes annuels de gaz réfrigérant fluoré varient selon les sources (514 à 601 tonnes) sans que cet écart ait pu être résolu. Le nombre de signataires de la pétition (47 000 à 50 000) évolue en continu. Aucun recours n’a, à la date de rédaction, été confirmé comme officiellement enregistré devant une juridiction administrative.

❓ Questions fréquentes

Le projet Campus IA de Fouju est-il définitivement arrêté par les recours annoncés ?
Non. Un recours en justice ne suspend pas automatiquement les travaux : il faudrait, en parallèle, qu’un juge des référés ordonne une suspension pour bloquer temporairement le chantier. À ce stade, les travaux de la première phase ont démarré en septembre 2026 malgré l’annonce des recours.

Qui paie les 50 milliards d’euros du projet ?
Le financement est porté par un consortium associant le fonds souverain émirati MGX, la banque publique française Bpifrance, la start-up française d’IA Mistral AI et le fabricant de puces américain Nvidia, dans le cadre d’un accord franco-émirati sur l’intelligence artificielle.

Le data center va-t-il utiliser l’eau de la région pour se refroidir ?
L’arrêté préfectoral interdit explicitement le prélèvement dans la nappe phréatique locale pour le refroidissement des serveurs. Une extraction d’eau reste toutefois autorisée, mais uniquement pour les besoins du chantier, dans la limite de 200 000 mètres cubes jusqu’en 2036.

D’autres projets de data centers font-ils l’objet de recours en France ?
Oui. La presse a documenté des recours similaires contre des projets dans les Bouches-du-Rhône (Pennes-Mirabeau, Bouc-Bel-Air), ainsi qu’un projet dans l’Oise, à Rantigny, également source de tensions locales, que Liberta Press a déjà couvert.


📚 Sources

  1. Reporterre — « 11 data centers : deux recours seront déposés contre le mégaprojet en Seine-et-Marne » (26/09/2026)
  2. DCmag — « Le préfet de Seine-et-Marne a validé le projet Campus IA de Fouju (1,4 GW et 50 milliards €) »
  3. JSS — « En Seine-et-Marne, le préfet valide un gigantesque projet de centre de données, un recours déposé »
  4. France 3 Île-de-France — « La contestation s’organise contre un gigantesque projet de centre de données pour l’IA »
  5. La Gazette France — « En Seine-et-Marne, un gigantesque projet de centre de données suscite convoitise et appréhension »
  6. GreenVoice / FNE Île-de-France — Pétition « Non au projet de data center de Fouju (77) »
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