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Le Tribunal de Paris aux Batignolles, où se tient le procès Aramburu devant la cour d'assises

Procès Aramburu : deux anciens du GUD face à la cour d’assises de Paris

Faits Divers
10 septembre 2026
⚠️ Procès en cours — Le verdict n’a pas encore été rendu (attendu le 25 septembre 2026). Les deux accusés bénéficient de la présomption d’innocence. Cet article décrit les débats d’audience tels que rapportés par la presse présente au procès, sans préjuger de leur issue.
📋 Sommaire

  1. Qui était Federico Martin Aramburu, tué à Paris en 2022 ?
  2. La nuit du 19 mars 2022 : de la bagarre au bar Mabillon aux coups de feu
  3. Loïk Le Priol : de commando marine à militant violent du GUD
  4. Romain Bouvier : un passé judiciaire déjà lourd
  5. Le Groupe Union Défense (GUD), dissous par l’État en 2024
  6. Ce qui s’est joué à l’audience des 8 et 9 septembre 2026
  7. Chronologie des événements clés
  8. Conclusion
  9. Rappel sur les limites de cet article
  10. Questions fréquentes
  11. Sources
Depuis le 8 septembre 2026, la cour d’assises de Paris juge deux anciens membres du Groupe Union Défense (GUD), syndicat étudiant d’extrême droite dissous en 2024, pour l’assassinat du rugbyman argentin Federico Martin Aramburu, abattu par balles dans la nuit du 18 au 19 mars 2022 à Saint-Germain-des-Prés, en plein cœur de Paris. Loïk Le Priol, ancien commando marine désigné par l’accusation comme l’auteur des tirs mortels, encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour assassinat ; Romain Bouvier comparaît pour tentative d’assassinat. Le verdict est attendu le 25 septembre 2026.

🏉 Qui était Federico Martin Aramburu, tué à Paris en 2022 ?

Federico Martin Aramburu était un ancien international argentin de rugby, âgé de 42 ans au moment de sa mort. Formé au club amateur du CASI (Club Atlético San Isidro) en Argentine, il a évolué en France entre 2004 et 2010 au Biarritz Olympique (deux titres de champion de France, en 2005 et 2006), à Perpignan puis à Dax, avant de rejoindre les Glasgow Warriors en Écosse. Sous le maillot des Pumas, il a compté 22 sélections et fait partie de l’équipe argentine médaillée de bronze à la Coupe du monde 2007. De passage à Paris en mars 2022 pour retrouver un ancien coéquipier, il a été tué par balles au petit matin, boulevard Saint-Germain, à la sortie d’un bar du quartier de Saint-Germain-des-Prés.


🔫 La nuit du 19 mars 2022 : de la bagarre au bar Mabillon aux coups de feu

Selon les débats d’audience et les éléments d’enquête rapportés par la presse, la soirée du 18 mars 2022 avait commencé de façon anodine. Federico Aramburu buvait un dernier verre en terrasse du café Le Mabillon, à Saint-Germain-des-Prés, en compagnie de Shaun Hegarty, ancien président du Biarritz Olympique. À la table voisine se trouvait un groupe incluant Loïk Le Priol et Romain Bouvier. Une tension serait montée entre les tables après qu’un client aurait bousculé plusieurs personnes dans l’établissement ; Le Priol s’en serait agacé avant que Hegarty ne le pointe du doigt, provoquant des insultes. Vers 6 heures du matin, Aramburu aurait attrapé Le Priol par son sweat à capuche, le faisant tomber. Les deux hommes ont ensuite été séparés par le personnel de sécurité du bar. C’est en sortant, selon un témoignage rapporté à l’audience, que Le Priol aurait crié « Je vais le tuer » avant d’être retenu par un agent de sécurité.

Quelques minutes plus tard, alors qu’Aramburu se trouvait sur le trottoir du boulevard Saint-Germain, les suspects seraient revenus en voiture et auraient ouvert le feu. Selon un commissaire cité à l’audience, une dizaine de coups de feu ont été tirés en moins de 48 secondes. Aramburu est mort sur place. L’accusation retient l’assassinat — c’est-à-dire un meurtre avec préméditation — pour Le Priol, identifié comme l’auteur des tirs mortels ; Bouvier, qui aurait également fait usage d’une arme selon le parquet, est poursuivi pour tentative d’assassinat.


🪖 Loïk Le Priol : de commando marine à militant violent du GUD

Loïk Le Priol, 32 ans au moment du procès, s’est formé à l’École des mousses de la Marine nationale à Brest avant d’intégrer le commando Montfort. Il a participé à des opérations extérieures au Mali et à Djibouti entre 2013 et 2015, avant d’être rapatrié en France en juillet 2015 en raison d’un syndrome de stress post-traumatique sévère, sur préconisation des médecins militaires, puis radié pour motif disciplinaire. Devenu militant du GUD, il avait déjà été condamné à 19 ans pour violence, puis à 23 ans à quatre mois de prison avec sursis pour violence aggravée et conduite en état d’ivresse. En juin 2022, il a également été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, pour avoir séquestré et torturé un ancien président du GUD en octobre 2015.

À l’audience, Le Priol reconnaît avoir tiré mais répète avoir agi pour « se défendre », invoquant à la fois la légitime défense et son passé militaire traumatique. Il conteste la préméditation retenue par l’accusation.


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🥊 Romain Bouvier : un passé judiciaire déjà lourd

Romain Bouvier, 35 ans, est lui aussi un ancien militant du GUD. Il a été condamné en juin 2022 à cinq ans de prison pour des violences volontaires commises en 2015 contre Édouard Klein, alors chef du GUD — une affaire distincte de celle pour laquelle Le Priol a été condamné la même année, mais révélatrice des règlements de comptes violents ayant traversé ce mouvement. Poursuivi pour tentative d’assassinat dans le dossier Aramburu, Bouvier est présenté par l’accusation comme ayant lui aussi fait usage d’une arme à feu cette nuit-là.


🚫 Le Groupe Union Défense (GUD), dissous par l’État en 2024

Le Groupe Union Défense (GUD), à l’origine « Groupe Union Droit », est un syndicat étudiant d’extrême droite fondé dans les années 1960, connu pour ses méthodes violentes sur les campus universitaires. Après une période d’inactivité, il a été relancé en 2022, en particulier autour de l’université Panthéon-Assas à Paris. Le 26 juin 2024, le gouvernement français a prononcé sa dissolution par décret, aux côtés d’autres structures d’ultradroite (les Remparts, La Traboule, Top Sport Rhône). Le décret reproche au groupuscule d’inciter à des « actions violentes contre les personnes » et d’avoir publié des messages ciblant des individus présentés comme « antifas », dans une logique jugée incitative à la violence.

Le dossier Aramburu n’est pas un cas isolé de violence associée au GUD : les condamnations antérieures de Le Priol et Bouvier concernent toutes deux des violences internes à ce même milieu, avant que leurs armes ne soient tournées, en 2022, contre un tiers extérieur au mouvement. Ce constat s’inscrit dans une tendance plus large de violence politique de plus en plus ciblée en France, documentée par ailleurs sur des terrains très différents comme les menaces communautaires en Corse.


🏛️ Ce qui s’est joué à l’audience des 8 et 9 septembre 2026

Le procès s’est ouvert le 7 septembre 2026 devant la cour d’assises de Paris et doit durer environ trois semaines. Dès la première journée, Loïk Le Priol a réaffirmé avoir « tiré » pour « se défendre », sans nier être l’auteur des coups de feu mortels mais en contestant l’intention préméditée retenue par l’accusation. Le 8 et le 9 septembre, la cour s’est penchée sur la personnalité et le parcours de vie des deux accusés — leur passé militaire, leurs condamnations antérieures pour violence, leur engagement au GUD — afin d’éclairer le contexte dans lequel les faits se sont produits. Bouvier est notamment revenu sur sa condamnation de 2022 pour les violences contre l’ex-chef du GUD Édouard Klein.

La question de la préméditation, centrale pour la qualification d’assassinat, reste disputée entre l’accusation, qui la retient, et la défense de Le Priol, qui plaide la légitime défense et un geste non prémédité. Ce point est également au cœur des débats sur les circonstances aggravantes examinées par les cours d’assises françaises dans d’autres dossiers récents, où la qualification retenue par le parquet peut diverger de celle instruite en amont.

📅 Chronologie des événements clés

  • 18-19 mars 2022 — Altercation au bar Le Mabillon puis fusillade boulevard Saint-Germain, mort de Federico Aramburu.
  • Mars 2022 — Interpellations des suspects, dont un en Hongrie.
  • Juin 2022 — Le Priol et Bouvier condamnés séparément pour des violences commises en 2015 contre des membres du GUD.
  • 26 juin 2024 — Dissolution du GUD par décret gouvernemental.
  • 7 septembre 2026 — Ouverture du procès devant la cour d’assises de Paris.
  • 8-9 septembre 2026 — Examen de la personnalité et du passé de violence des deux accusés.
  • 25 septembre 2026 — Verdict attendu (date de fin d’audience annoncée).
🗣️ Ce que Loïk Le Priol a déclaré à l’audience

« C’est à vie que je suis condamné à porter ce drame », aurait-il déclaré, tout en maintenant avoir « tiré » pour « se défendre ». L’accusé reconnaît les faits matériels mais conteste la qualification de préméditation retenue par l’accusation.


✅ Conclusion

Quatre ans et demi après la mort de Federico Martin Aramburu, la cour d’assises de Paris doit trancher une affaire qui dépasse le seul règlement de comptes nocturne : elle met en lumière le passé de violence documenté de deux anciens militants d’un mouvement d’ultradroite dissous depuis, le GUD, et pose la question de la préméditation dans un geste que l’un des accusés persiste à présenter comme un acte de légitime défense. Le verdict, attendu le 25 septembre 2026, déterminera notamment si la cour retient l’assassinat — donc la préméditation — ou une qualification moindre pour Loïk Le Priol, ainsi que le sort judiciaire réservé à Romain Bouvier.

Le procès se poursuit ; Liberta Press suivra son issue.

⚠️ Rappel sur les limites de cet article

  • Le procès est en cours au moment de la publication ; le verdict n’est pas rendu. Les deux accusés bénéficient de la présomption d’innocence.
  • Le déroulé précis de la bagarre au bar Mabillon (déclencheur exact, propos échangés) repose sur des témoignages rapportés par la presse présente à l’audience et sur les éléments d’enquête ; certains détails pourraient être précisés ou nuancés au fil des débats.
  • Les citations attribuées aux accusés sont reprises de comptes rendus d’audience publiés par plusieurs médias ; elles ne constituent pas une retranscription officielle du procès-verbal.
  • Cet article ne conclut à aucun moment sur la culpabilité des accusés — il rend compte des débats et des éléments d’accusation et de défense tels que rapportés à ce stade.

❓ Questions fréquentes

Pourquoi Federico Aramburu a-t-il été tué ?
Selon l’accusation et les débats d’audience, Aramburu a été abattu par balles après une altercation au bar Le Mabillon à Saint-Germain-des-Prés, dans la nuit du 18 au 19 mars 2022, à l’issue de laquelle les suspects seraient revenus armés.

Qu’est-ce que le GUD et pourquoi a-t-il été dissous ?
Le Groupe Union Défense est un syndicat étudiant d’extrême droite connu pour ses méthodes violentes. Il a été dissous par décret gouvernemental le 26 juin 2024 pour incitation à la violence contre les personnes.

Que risque Loïk Le Priol ?
Poursuivi pour assassinat, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité si la cour retient la préméditation.

Quand le verdict du procès Aramburu est-il attendu ?
Le procès, ouvert le 7 septembre 2026, doit durer environ trois semaines ; le verdict est attendu le 25 septembre 2026.


📚 Sources

  1. Le Monde — Mort du rugbyman Federico Martin Aramburu : à son procès, Loïk Le Priol répète avoir « tiré » pour se « défendre »
  2. Le Monde — Au procès de l’assassinat de Federico Martin Aramburu, les deux accusés confrontés à leur passé de violence
  3. France Info — Dix coups de feu portés en moins de 48 secondes : la nuit où l’ex-rugbyman Federico Martin Aramburu a été abattu à Paris
  4. France 24 — Le procès des meurtriers présumés de l’ex-rugbyman argentin Aramburu s’ouvre à Paris
  5. Infobae — « Voy a matarlo » : revelaron cómo fue la pelea previa al crimen del ex Puma Federico Martín Aramburu
  6. ICI (ex-France Bleu) — Ultradroite : le GUD et les Remparts dissous par le gouvernement
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