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Verdict procès Aramburu : salle Voltaire, cour d'assises du Palais de justice de Paris

Procès Aramburu : le verdict tombe, Le Priol condamné à 26 ans

Faits Divers / Justice — 26 septembre 2026
🔴 Verdict rendu le 25 septembre 2026 au soir — la cour d’assises de Paris a condamné Loïk Le Priol à 26 ans de réclusion criminelle pour le meurtre du rugbyman argentin Federico Martin Aramburu, et Romain Bouvier à 19 ans de prison pour tentative de meurtre. Fait notable : la cour n’a pas retenu la préméditation réclamée par l’avocat général, requalifiant l’assassinat en meurtre simple.
📋 Sommaire

  1. Le verdict en bref
  2. Les peines, prévenu par prévenu
  3. Assassinat ou meurtre : la nuance qui change tout
  4. Les réactions : famille, avocat général, défense
  5. Chronologie de l’affaire depuis 2022
  6. Le procès suivi depuis l’Argentine
  7. Questions fréquentes
  8. Sources
Quatre ans et demi après la fusillade mortelle du boulevard Saint-Germain à Paris, la cour d’assises de Paris a rendu son verdict le 25 septembre 2026 au soir dans le procès de l’assassinat de Federico Martin Aramburu, ancien international argentin de rugby (« Pumas »). Loïk Le Priol, ex-commando marine, écope de 26 ans de réclusion criminelle ; Romain Bouvier, 19 ans de prison. Les deux hommes, anciens militants du GUD (Groupe union défense, mouvement étudiant d’ultradroite dissous par décret le 26 juin 2024), avaient déjà été jugés coupables des tirs par la cour — restait à trancher la question de la préméditation, au cœur des débats depuis l’ouverture du procès le 7 septembre 2026.

⚖️ Le verdict du procès Aramburu : ce qu’il faut savoir en bref

Le 25 septembre 2026 au soir, la cour d’assises de Paris a condamné Loïk Le Priol à 26 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Federico Martin Aramburu, et Romain Bouvier à 19 ans de prison pour tentative de meurtre. La cour a jugé que les deux hommes avaient l’intention de tuer, mais a écarté la préméditation réclamée par l’accusation : les faits sont donc qualifiés de meurtre et tentative de meurtre, et non d’assassinat. Deux autres prévenus, jugés pour des faits distincts de recel de preuves, ont été condamnés à 3 ans de prison avec sursis chacun.


📜 Les peines prononcées, prévenu par prévenu

Quatre personnes comparaissaient devant la cour d’assises de Paris depuis l’ouverture du procès le 7 septembre 2026. Le verdict, rendu après plus de deux semaines d’audience, distingue nettement le sort des deux auteurs des coups de feu de celui des deux prévenus jugés pour des faits annexes :

  • Loïk Le Priol, 32 ans, ancien militaire (commando marine) et ex-militant du GUD : condamné à 26 ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’Aramburu. Il a reconnu avoir tiré quatre coups de feu, dont le tir mortel, mais plaidait la légitime défense et un « réflexe militaire » — argument rejeté par la cour.
  • Romain Bouvier, 35 ans, également ancien du GUD : condamné à 19 ans de prison pour tentative de meurtre. Selon les débats, c’est lui qui a tiré en premier, blessant Aramburu à la jambe et au torse avant l’intervention de Le Priol. Il invoquait la « panique totale ».
  • Anthony Sorrentino : condamné à 3 ans de prison avec sursis pour recel de preuves.
  • Lyson Rochemir, ex-compagne de Loïk Le Priol : acquittée du chef de complicité de tentative de meurtre — l’avocat général lui-même avait demandé sa relaxe sur ce point, estimant ne pas avoir la certitude qu’elle savait Bouvier armé et prêt à tirer — mais condamnée à 3 ans de prison, dont 30 mois avec sursis, pour avoir dissimulé le véhicule utilisé lors des faits et détruit sa carte SIM après la fusillade.

L’avocat général Philippe Courroye avait requis 27 ans de réclusion criminelle contre Le Priol et 20 ans de prison contre Bouvier — la cour a donc prononcé des peines légèrement inférieures aux réquisitions, un an de moins pour chacun des deux principaux accusés.


🔍 Assassinat ou meurtre : la nuance qui change tout

Le point le plus disputé du procès portait sur la qualification pénale exacte des faits. En droit français, l’assassinat désigne un meurtre commis avec préméditation — c’est-à-dire un projet réfléchi, formé avant l’action — et peut être puni de la réclusion criminelle à perpétuité. Le meurtre simple, lui, suppose l’intention de tuer mais sans plan prémédité, et son maximum légal est de 30 ans de réclusion criminelle.

L’accusation, portée par l’avocat général Philippe Courroye, plaidait pour l’assassinat, évoquant une « chasse à l’homme » selon ses mots, et donc un projet concerté entre les deux hommes après leur altercation au bar Le Mabillon (Saint-Germain-des-Prés, 6e arrondissement de Paris). La défense contestait justement l’existence d’un tel projet, évoquant un enchaînement rapide et non planifié d’événements.

Le président de la cour d’assises, Franck Zientara, a tranché en faveur de la défense sur ce point précis : selon la motivation retenue, le laps de temps entre la bagarre au bar et la fusillade sur le boulevard Saint-Germain était « trop court » pour que les deux hommes aient pu se concerter et élaborer un plan. La cour a donc reconnu l’intention de tuer chez les deux accusés — ce qui justifie les peines lourdes prononcées — sans reconnaître la préméditation qui aurait pu, en théorie, exposer Le Priol à la perpétuité. C’est une différence de qualification juridique significative, même si l’écart de peine avec les réquisitions du parquet reste finalement modeste (un an de moins pour chacun), et qui rappelle d’autres affaires récentes de violence par arme à feu jugées en France, comme le dossier Crépol, où la question de la circonstance aggravante avait aussi fait l’objet de débats juridiques serrés.

À noter — la légitime défense plaidée par Le Priol et l’état de panique invoqué par Bouvier ont tous deux été explicitement rejetés par la cour, qui a retenu leur responsabilité pleine et entière dans les tirs, y compris celui jugé mortel.

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🗣️ Les réactions : famille, avocat général, défense

La veuve de Federico Martin Aramburu, présente aux audiences avec ses trois enfants, a souligné à l’issue du verdict que la douleur familiale restait « vivante » au-delà de la décision de justice — rappelant que le verdict, s’il clôt une étape judiciaire, ne referme pas le deuil pour une famille désormais installée entre la France et l’Argentine.

L’avocat général Philippe Courroye, dont les réquisitions (27 ans et 20 ans) n’ont pas été intégralement suivies, avait construit son réquisitoire autour de l’idée d’un « tandem » Le Priol-Bouvier qui, selon ses mots, « n’avait aucune limite ». La cour a suivi son analyse sur la culpabilité et l’intention homicide, mais pas sur la préméditation.

Tous les condamnés disposent d’un délai de dix jours après le prononcé du verdict pour faire appel devant une nouvelle cour d’assises — un délai dont dispose également le parquet général. Aucune annonce publique d’appel n’a été recensée à la date de rédaction de cet article, que ce soit du côté de la défense ou du parquet : cette information devra être vérifiée dans les prochains jours et fera, le cas échéant, l’objet d’un nouvel épisode de ce feuilleton.


🕰️ Chronologie de l’affaire depuis mars 2022

Chronologie des événements clés

  • 18-19 mars 2022 — après une altercation au bar Le Mabillon (Saint-Germain-des-Prés, Paris), une fusillade éclate boulevard Saint-Germain : Federico Martin Aramburu, 42 ans, ancien international argentin de rugby (club de Biarritz Olympique, champion de France en 2005 et 2006), est mortellement touché.
  • Mars-avril 2022 — plusieurs suspects, dont Loïk Le Priol, Romain Bouvier, Anthony Sorrentino et Lyson Rochemir, sont interpellés en France et en Hongrie.
  • 2022 — Le Priol et Bouvier, tous deux anciens militants du GUD, avaient déjà été condamnés séparément pour des violences internes au mouvement, faits distincts révélés lors du procès.
  • 26 juin 2024 — le GUD (Groupe union défense), mouvement étudiant d’ultradroite auquel appartenaient les deux principaux accusés, est dissous par décret du conseil des ministres.
  • 7 septembre 2026 — ouverture du procès devant la cour d’assises de Paris ; les 8 et 9 septembre sont consacrés au passé de violence des deux accusés.
  • 24 septembre 2026 — réquisitoire de l’avocat général Philippe Courroye : 27 ans requis contre Le Priol, 20 ans contre Bouvier, relaxe demandée pour Lyson Rochemir sur le chef de complicité.
  • 25 septembre 2026 — verdict : 26 ans pour Le Priol (meurtre), 19 ans pour Bouvier (tentative de meurtre), 3 ans avec sursis pour Sorrentino et pour Rochemir (recel de preuves), préméditation écartée.

🇦🇷 Le procès suivi depuis l’Argentine

Au-delà de la France, ce procès a été suivi avec attention en Argentine, pays natal de Federico Martin Aramburu et où sa carrière de rugbyman international (« Pumas ») lui avait valu une notoriété durable. La presse argentine a suivi les débats avec ce que plusieurs observateurs ont qualifié de « perplexité » face à un système judiciaire français perçu comme complexe, notamment sur la distinction entre assassinat et meurtre qui n’a pas d’équivalent aussi tranché dans le droit argentin. Cette dimension internationale rappelle que l’affaire dépasse le seul fait divers parisien : elle a mobilisé, quatre ans et demi durant, une famille répartie entre deux continents et suivie par deux opinions publiques — un rappel que la violence politique ciblée en France a aussi des répercussions bien au-delà de ses frontières.


❓ FAQ — Questions fréquentes

La préméditation a-t-elle été retenue contre Loïk Le Priol ?
Non. La cour d’assises de Paris a écarté la préméditation le 25 septembre 2026, requalifiant les faits en meurtre simple plutôt qu’en assassinat, estimant le délai entre l’altercation au bar et la fusillade trop court pour un plan concerté.

Quelles sont les peines exactes prononcées dans le procès Aramburu ?
26 ans de réclusion criminelle pour Loïk Le Priol (meurtre), 19 ans de prison pour Romain Bouvier (tentative de meurtre), et 3 ans de prison avec sursis chacun pour Anthony Sorrentino et Lyson Rochemir (recel de preuves).

Le Priol ou Bouvier ont-ils fait appel du verdict ?
Aucune annonce d’appel n’était publique à la date de rédaction de cet article. Les condamnés et le parquet général disposent chacun d’un délai de dix jours après le verdict pour se pourvoir en appel devant une nouvelle cour d’assises.

Qu’est-ce que le GUD, évoqué dans cette affaire ?
Le GUD (Groupe union défense) est un mouvement étudiant d’ultradroite auquel appartenaient Loïk Le Priol et Romain Bouvier ; il a été dissous par décret du conseil des ministres le 26 juin 2024, après les faits de 2022 mais avant l’ouverture de ce procès.


✅ Conclusion

Quatre ans et demi après la mort de Federico Martin Aramburu boulevard Saint-Germain, la cour d’assises de Paris a rendu un verdict sévère mais nuancé : 26 ans de réclusion criminelle pour Loïk Le Priol, 19 ans de prison pour Romain Bouvier, et 3 ans avec sursis pour les deux prévenus jugés pour des faits annexes. En écartant la préméditation malgré les réquisitions de l’avocat général Philippe Courroye, la cour a tranché un point de droit determinant pour la suite : celui de savoir si cette affaire restera, juridiquement, un crime de sang-froid organisé ou l’engrenage brutal d’une soirée qui a mal tourné entre deux anciens militants d’ultradroite et un homme désarmé.

Le droit a tranché la qualification des faits ; il ne referme ni le deuil d’une famille, ni la question de savoir ce qui a réellement basculé, ce soir de mars 2022, entre un bar de Saint-Germain-des-Prés et un boulevard qui n’aurait jamais dû devenir une scène de crime.

⚠️ Rappel sur les limites de cet article — Cet article s’appuie sur les comptes rendus d’audience publiés par plusieurs médias (Le Monde, RFI, France24, franceinfo, ici/France Bleu) le soir et le lendemain du verdict, en l’absence de compte rendu judiciaire officiel intégral rendu public à cette date. La question d’un appel — de la défense comme du parquet général — reste ouverte : aucune annonce en ce sens n’a été recensée à la date de rédaction, dans le délai légal de dix jours après le verdict. Les motivations complètes de la cour sur l’écart entre les faits retenus contre chacun des deux principaux accusés (rôle exact dans l’enchaînement des tirs) restent partiellement fondées sur des reconstitutions journalistiques des débats, non sur l’arrêt de la cour lui-même.
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