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Centrale nucléaire de Gravelines, au coeur des procès Greenpeace France pour intrusion militante

Procès et amendes en série : la justice se durcit contre Greenpeace France

Justice
26 septembre 2026

Procès et amendes en série : la justice se durcit contre Greenpeace France

📋 Sommaire

  1. Combien de procès visent Greenpeace France en 2026 ?
  2. Nucléaire : Gravelines, Cattenom, Nanterre — trois procès, trois époques
  3. EDF et la stratégie du « portefeuille » : plus de 3 millions d’euros réclamés
  4. À Valence, cinq ans de prison requis contre onze militants
  5. Le précédent américain : 345 millions de dollars et l’onde de choc mondiale
  6. L’ONU s’inquiète : le rapport du rapporteur spécial Michel Forst
  7. Les Soulèvements de la Terre : la dissolution annulée, un autre signal
  8. Sécurité nucléaire contre liberté d’expression : ce que disent les deux camps
  9. Conclusion
  10. Rappel sur les limites de cet article
  11. Questions fréquentes
  12. Sources

Un nouveau procès de l’activisme antinucléaire s’est ouvert le 25 septembre 2026 au tribunal judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine), deux jours après l’ouverture d’un autre procès à Valence, en Espagne, où le parquet a requis 5 ans de prison contre chacun des 11 militants poursuivis. Ces deux audiences s’ajoutent à une liste déjà longue de procédures judiciaires et civiles engagées contre Greenpeace France depuis 2024 : amendes pénales, demandes de dommages et intérêts d’EDF (Électricité de France) dépassant 3 millions d’euros au total, et un jugement américain à plusieurs centaines de millions de dollars qui a fait trembler l’ensemble du mouvement Greenpeace dans le monde. L’organisation non gouvernementale (ONG) et plusieurs observateurs, dont un rapporteur spécial des Nations unies, y voient un système destiné à l’affaiblir financièrement plutôt qu’à sanctionner des faits précis. Les entreprises et procureurs concernés invoquent, eux, la nécessité de protéger des sites classés sensibles. Liberta Press fait le point, chiffres à l’appui.

📊 Combien de procès visent Greenpeace France en 2026 ?

Depuis le début de l’année 2024, au moins quatre procédures pénales distinctes et plusieurs demandes civiles ont visé Greenpeace France ou ses militants en France, auxquelles s’ajoutent une procédure en Espagne et une aux États-Unis contre des entités du mouvement international : intrusion à la centrale nucléaire de Gravelines (Nord) jugée à Dunkerque, action contre un méthanier au port de Sagunto jugée à Valence, interpellation d’Emmanuel Macron jugée à Nanterre, et un contentieux civil avec EDF portant sur quatre actions combinées. Le total des sommes réclamées ou déjà prononcées, entre amendes pénales et demandes de dommages et intérêts, dépasse à ce stade plusieurs millions d’euros en France, sans compter le jugement américain. Cette accumulation, documentée par plusieurs médias indépendamment de Greenpeace elle-même, est ce que Reporterre a qualifié de « répression judiciaire » dans son édition du 26 septembre 2026.

🟢 Chronologie des procédures récentes

  • Octobre 2024 — Intrusion de douze militants dans le périmètre de la centrale nucléaire de Gravelines, pour alerter sur les risques de submersion marine liés au projet de réacteurs EPR2 (réacteur pressurisé européen de deuxième génération).
  • 3 septembre 2025 — Le tribunal correctionnel de Dunkerque condamne les douze militants à des amendes allant jusqu’à 800 euros chacun, et Greenpeace France, en tant que personne morale, à 30 000 euros d’amende.
  • 10 juillet 2026 — Le rapporteur spécial de l’ONU sur les défenseurs de l’environnement, Michel Forst, alerte les autorités françaises sur le traitement réservé à ces douze militants.
  • 27 février 2026 — Aux États-Unis, un juge du Dakota du Nord ramène à environ 345 millions de dollars les dommages et intérêts dus par des entités Greenpeace à la société Energy Transfer.
  • 17 septembre 2026 — Audience sur les intérêts civils à Dunkerque : EDF réclame 804 958 euros pour la seule action de Gravelines.
  • 23 septembre 2026 — Ouverture à Valence (Espagne) du procès de onze militants pour une action de 2021 contre un méthanier ; le parquet requiert jusqu’à 5 ans de prison par personne.
  • 25 septembre 2026 — Deux militants de Greenpeace France sont relaxés par le tribunal judiciaire de Nanterre après avoir interpellé Emmanuel Macron lors d’un sommet sur le nucléaire.

⚛️ Nucléaire : Gravelines, Cattenom, Nanterre — trois procès, trois époques

Le nucléaire civil est, historiquement, l’une des cibles privilégiées des actions de désobéissance civile de Greenpeace France, et c’est aussi le terrain où la réponse judiciaire est la mieux documentée dans la durée. En 2017 déjà, huit militants et un porte-parole de l’ONG s’étaient introduits dans la centrale de Cattenom (Moselle, dans l’est de la France) pour y allumer des feux d’artifice dénonçant le risque nucléaire. Une première condamnation, en février 2018, avait inclus deux peines de prison — une première pour l’organisation. En appel, la cour de Metz avait finalement écarté toute peine de prison le 15 janvier 2020, au profit d’amendes-jours comprises entre 720 et 1 980 euros par militant, Greenpeace en tant que personne morale étant elle aussi condamnée à réparation.

Sept ans plus tard, en octobre 2024, le scénario s’est répété à Gravelines : douze militants pénètrent dans le périmètre de la centrale pour dénoncer, cette fois, un risque de submersion marine dans le débat public sur les nouveaux réacteurs EPR2 annoncés sur ce site. Le jugement du 3 septembre 2025 a été plus sévère sur le plan financier que celui de Cattenom pour l’organisation (30 000 euros d’amende contre l’ONG, alors que le parquet avait requis des peines de prison de 3 à 6 mois, finalement écartées par le tribunal). La directrice juridique de Greenpeace France, Apolline Cagnat, a regretté que le tribunal n’ait pas reconnu la légitimité de cette « action symbolique et non-violente ».

Le troisième épisode, le plus récent, ne concerne pas une intrusion mais une interpellation verbale : le 10 mars 2026, à l’occasion du Sommet mondial sur l’énergie nucléaire à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine, en région parisienne), deux militants — Guillaume, 41 ans, et Albin, 36 ans — ont interpellé Emmanuel Macron et Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en déployant des banderoles proclamant que « le nucléaire, c’est l’insécurité énergétique » et que cette énergie « alimente la guerre de la Russie ». Poursuivis, les deux hommes ont été relaxés par le tribunal judiciaire de Nanterre le 25 septembre 2026, soit la veille de la publication de l’enquête de Reporterre sur l’ensemble de ces procédures.


💶 EDF et la stratégie du « portefeuille » : plus de 3 millions d’euros réclamés

Au-delà des amendes pénales, c’est sur le terrain civil que les montants en jeu deviennent considérables. Lors de l’audience sur les intérêts civils du 17 septembre 2026 à Dunkerque, EDF a détaillé sa demande pour la seule action de Gravelines d’octobre 2024 : 289 958 euros au titre du préjudice matériel, 500 000 euros au titre du préjudice moral, et 15 000 euros de frais d’avocat, soit un total de 804 958 euros pour une action qui n’a causé, selon Greenpeace, aucun dommage à l’installation elle-même. Selon les éléments rendus publics par Greenpeace France, l’électricien réclame, en cumulant quatre actions menées ces dernières années contre ses installations, plus de 3 millions d’euros de dommages et intérêts.

Greenpeace qualifie cette approche de stratégie visant à « attaquer l’association au portefeuille » plutôt qu’à obtenir une réparation proportionnée à un préjudice réel. EDF n’a pas, à la connaissance de Liberta Press, communiqué publiquement de justification détaillée de ces montants au-delà des pièces versées à la procédure ; l’entreprise invoque, dans le cadre judiciaire, le coût de la mobilisation de ses équipes de sécurité et l’atteinte à l’image d’un site classé « point d’importance vitale » au sens du code de la défense — un statut qui s’applique à l’ensemble des centrales nucléaires françaises et qui explique, indépendamment de toute intention militante, le caractère systématiquement pénal de toute intrusion. Cette qualification légale ne préjuge cependant pas du montant des réparations civiles, qui reste, lui, disputé.

🟠 Ce que Greenpeace France a déclaré
« [EDF met en œuvre] une stratégie qu'[elle] met en œuvre depuis plusieurs années » pour « attaquer l’association au portefeuille », selon la communication de l’ONG relayée lors de l’audience du 17 septembre 2026 à Dunkerque. La directrice juridique de l’organisation, Apolline Cagnat, avait déjà regretté, après le jugement de septembre 2025, que le tribunal n’ait « pas reconnu » la liberté d’expression ni la légitimité de l’action symbolique menée à Gravelines.


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⛽ À Valence, cinq ans de prison requis contre onze militants

La procédure la plus sévère en termes de peines encourues ne se joue pas en France mais en Espagne. Le procès qui s’est ouvert le 23 septembre 2026 au tribunal de Valence concerne une action menée en octobre 2021 au port voisin de Sagunto, où des militants de Greenpeace avaient tenté de retarder l’arrivée d’un méthanier, le Merchant, chargé de 138 000 mètres cubes de gaz fossile en provenance des États-Unis. Un militant s’était notamment enchaîné pendant 12 heures à l’ancre du navire de Greenpeace, l’Esperanza, pour ralentir la manœuvre.

Onze militants, originaires de huit pays différents, comparaissent pour trouble à l’ordre public. Le ministère public espagnol a requis jusqu’à 5 ans de prison par personne — une durée que Greenpeace qualifie de « précédent inquiétant », soulignant l’écart entre le sort réservé à des militants pacifiques et l’absence de poursuites comparables contre des acteurs économiques du secteur fossile. Selon Greenpeace, plus de 30 militants ont fait l’objet de poursuites pénales diverses en Espagne depuis 2020 pour des actions similaires. Amnesty International a annoncé sa présence au procès en tant qu’observateur indépendant, un choix qui, sans préjuger de l’issue judiciaire, illustre l’attention portée par les organisations de défense des droits humains à ce dossier.


🇺🇸 Le précédent américain : 345 millions de dollars et l’onde de choc mondiale

Le cas qui a le plus marqué le mouvement Greenpeace au niveau mondial reste américain. Il trouve son origine dans les mobilisations de 2016-2017 contre l’oléoduc Dakota Access Pipeline, porté par la compagnie Energy Transfer, que Greenpeace et d’autres organisations avaient combattu au nom de la protection des populations autochtones et des ressources en eau potable de la région. Energy Transfer a ensuite attaqué Greenpeace pour diffamation, conspiration et divers préjudices. Un jury du Dakota du Nord a d’abord fixé, en mars 2025, des dommages et intérêts de plus de 660 millions de dollars. Le juge a ensuite écarté une partie des chefs retenus par ce jury, ramenant le montant total à environ 345 millions de dollars dans un jugement daté du 27 février 2026.

Greenpeace International et ses entités américaines ont annoncé faire appel devant la Cour suprême du Dakota du Nord, et poursuivent en parallèle une action aux Pays-Bas au titre de la législation européenne anti-SLAPP (« Strategic Lawsuit Against Public Participation », soit une procédure-bâillon visant à décourager la critique par le coût et la durée d’un procès plutôt que par son bien-fondé), pour tenter de faire reconnaître le caractère abusif de la procédure américaine engagée par Energy Transfer. Ce dossier, sans lien procédural direct avec les affaires françaises, est cité par Greenpeace et par plusieurs organisations de défense de la liberté d’expression comme l’exemple le plus abouti d’une stratégie consistant à utiliser le coût d’un procès civil pour affaiblir une organisation militante, indépendamment de l’issue judiciaire finale.


🕊️ L’ONU s’inquiète : le rapport du rapporteur spécial Michel Forst

Le dossier français a franchi une étape supplémentaire lorsque l’Organisation des Nations unies (ONU) s’en est saisie. Dans un courrier daté du 10 juillet 2026 et adressé aux autorités françaises — rendu public par la suite —, le rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement, Michel Forst, a jugé « profondément préoccupantes » les allégations concernant le traitement subi par les douze militants interpellés à Gravelines en octobre 2024. Le rapporteur affirme disposer d’informations selon lesquelles ces militants « ont été placés en garde à vue par la police et soumis à des traitements dégradants et des abus pendant leur garde à vue » — des allégations que Liberta Press n’a pas pu vérifier de façon indépendante à ce stade, et qui n’ont pas fait l’objet, à notre connaissance, d’une réponse publique détaillée des autorités françaises.

Michel Forst demande à la France de « mettre un terme à la persécution, à la pénalisation et aux mesures vexatoires présumées » visant l’ONG et ses militants. Un rapporteur spécial de l’ONU n’a pas de pouvoir contraignant : son intervention a valeur d’alerte politique et diplomatique, pas de décision de justice. Elle place néanmoins la France, pays qui se présente régulièrement comme défenseur des droits humains sur la scène internationale, face à une critique inhabituelle sur ce terrain précis.


⚖️ Les Soulèvements de la Terre : la dissolution annulée, un autre signal

Le cas de Greenpeace n’est pas isolé dans le paysage de la désobéissance civile environnementale française. Le collectif Les Soulèvements de la Terre, qui rassemble des militants opposés notamment aux « méga-bassines » agricoles, avait fait l’objet d’une mesure autrement plus radicale : sa dissolution par décret du ministère de l’Intérieur le 21 juin 2023, au motif d’incitation à la violence contre les biens, après les affrontements survenus lors de la manifestation interdite du 25 mars 2023 à Sainte-Soline (Deux-Sèvres, dans l’ouest de la France).

Le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative française, a annulé ce décret le 9 novembre 2023, en dépit d’un avis contraire de son propre rapporteur public. La haute juridiction a rappelé qu’une dissolution constitue une atteinte grave à la liberté d’association — un principe fondamental reconnu par les lois de la République — et ne peut être prononcée que pour prévenir des troubles graves à l’ordre public ; elle a jugé que le collectif ne représentait pas un tel risque, faute d’avoir été impliqué dans des actions violentes dirigées contre des personnes. Cette séquence, distincte de celle de Greenpeace mais concomitante dans le temps, illustre un mouvement plus large de durcissement de la réponse de l’État face aux mobilisations écologistes radicales — suivi, dans ce cas précis, d’un rappel à l’ordre par le juge administratif lui-même.


🔍 Sécurité nucléaire contre liberté d’expression : ce que disent les deux camps

Il serait inexact de présenter la justice française comme systématiquement défavorable à Greenpeace. En octobre 2019, le tribunal de grande instance de Paris avait acquitté l’ONG dans une action en diffamation intentée par la coopérative agricole InVivo, qui lui reprochait d’avoir qualifié ses pratiques de vente de pesticides d’« empoisonneuses » sur des banderoles. La justice avait alors reconnu la bonne foi de Greenpeace et le caractère d’intérêt général du débat sur les risques sanitaires et environnementaux des pesticides — une décision confirmée en appel. Ce précédent rappelle que les tribunaux ne tranchent pas mécaniquement en faveur des entreprises ou de l’État, et que l’issue dépend largement de la nature de l’action (propos publics contestés dans un cas, intrusion physique sur un site classé dans un autre).

Les procédures pénales les plus récentes, elles, reposent sur un fondement juridique différent et moins contestable dans son principe : l’intrusion physique sur un site nucléaire, classé « point d’importance vitale », est punie par la loi française indépendamment de l’intention de ses auteurs ou du caractère pacifique de l’action. C’est ce fondement que les tribunaux ont retenu à Cattenom comme à Gravelines, en écartant toutefois, dans les deux cas, les peines de prison requises par le parquet. La divergence porte donc moins sur la culpabilité de principe — que Greenpeace ne conteste généralement pas frontalement, revendiquant au contraire ses actions au nom de la désobéissance civile — que sur la proportionnalité des sanctions financières civiles réclamées par les entreprises concernées, un point sur lequel EDF n’a pas, à ce stade, détaillé publiquement sa méthode de calcul au-delà des pièces versées en justice.


✅ Conclusion

En l’espace de deux ans, Greenpeace France est passée par au moins quatre procès pénaux distincts, une audience civile réclamant plus de 3 millions d’euros, et a vu l’une de ses entités sœurs condamnée à 345 millions de dollars outre-Atlantique. Aucun de ces dossiers pris isolément ne constitue, en soi, une anomalie juridique flagrante : les intrusions sur sites nucléaires sont pénalement sanctionnées dans la plupart des pays dotés d’un parc nucléaire, et les demandes de réparation civile relèvent du droit commun. C’est leur accumulation, leur simultanéité et l’ampleur croissante des sommes en jeu qui nourrissent, chez Greenpeace comme chez un rapporteur spécial de l’ONU, la lecture d’une stratégie d’épuisement financier plutôt que d’une succession de décisions isolées. L’annulation de la dissolution des Soulèvements de la Terre par le Conseil d’État en 2023 montre, à l’inverse, que la justice française n’est pas dépourvue de garde-fous face aux mesures les plus radicales. Le fil rouge de ce dossier reste, en creux, une question plus large que celle de Greenpeace : jusqu’où l’espace légal de la désobéissance civile environnementale peut-il se rétrécir sans que le débat démocratique sur les choix énergétiques et industriels du pays n’en pâtisse ?

⚠️ Rappel sur les limites de cet article
Les montants réclamés par EDF (804 958 euros, puis plus de 3 millions d’euros sur quatre actions) proviennent des communications publiques de Greenpeace France, seule partie à les avoir détaillés publiquement à ce stade ; EDF n’a pas communiqué, à la connaissance de Liberta Press, de contre-argumentaire chiffré. Les allégations de « traitements dégradants » en garde à vue rapportées par le rapporteur spécial de l’ONU Michel Forst reposent sur des témoignages qu’il indique avoir reçus et n’ont pas été confirmées ou infirmées publiquement par les autorités françaises à notre connaissance. Les développements du procès de Valence (Espagne), ouvert le 23 septembre 2026, n’étaient pas achevés à l’heure de la publication ; le verdict et les peines réellement prononcées pourront différer substantiellement des réquisitions du parquet. Enfin, l’article de Reporterre du 26 septembre 2026 qui a servi de point de départ à cette enquête n’a pas pu être consulté dans son intégralité au moment de la rédaction ; les éléments qui en sont issus ont été recoupés avec au moins une autre source indépendante à chaque fois que possible.

❓ Questions fréquentes

Combien de procès Greenpeace France a-t-elle en cours en 2026 ?
Au moins quatre procédures pénales distinctes en France depuis 2024 (Gravelines, Nanterre) et à l’étranger (Valence en Espagne), auxquelles s’ajoute un contentieux civil avec EDF portant sur quatre actions et plus de 3 millions d’euros de demandes, sans compter le jugement américain visant une entité sœur de l’organisation.

Pourquoi EDF réclame-t-il autant d’argent à Greenpeace ?
EDF fonde ses demandes sur un préjudice matériel et moral lié aux intrusions sur ses centrales, classées sites sensibles. Greenpeace conteste la proportionnalité de ces montants et y voit une stratégie visant à l’affaiblir financièrement ; EDF n’a pas détaillé publiquement sa méthode de calcul au-delà des pièces versées en justice.

Les militants de Greenpeace risquent-ils la prison ?
Le parquet a parfois requis des peines de prison (Gravelines, Valence), mais les tribunaux français les ont jusqu’ici systématiquement écartées au profit d’amendes. En Espagne, le verdict du procès de Valence n’était pas connu à la date de publication de cet article.

Qu’est-ce qui distingue le cas Greenpeace de celui des Soulèvements de la Terre ?
Les Soulèvements de la Terre ont fait l’objet d’une dissolution administrative, annulée par le Conseil d’État en 2023. Greenpeace France n’a pas été menacée de dissolution : les procédures qui la visent sont pénales (amendes) et civiles (dommages et intérêts), pas des mesures administratives contre l’existence même de l’association.

📚 Sources

  1. Reporterre — « Procès et amendes à foison : la répression judiciaire s’intensifie contre Greenpeace France » (26 septembre 2026)
  2. Greenpeace France — communiqué sur la demande de 804 958 euros d’EDF (audience du 17 septembre 2026)
  3. Reporterre — « L’ONU juge « profondément préoccupant » le traitement subi par des militants de Greenpeace »
  4. Vert — « Greenpeace condamnée à payer plus de 665 millions de dollars à un géant du pétrole aux États-Unis »
  5. Conseil d’État — décisions relatives à la dissolution des Soulèvements de la Terre (2023)
  6. Pressenza — « Procès historique contre 11 militants de Greenpeace : jusqu’à 5 ans de prison » (Valence, septembre 2026)

Sur le même terrain — pollution industrielle et réponse judiciaire — voir aussi : Algues vertes en Bretagne : l’État renforce la lutte, sans toucher à l’élevage intensif · Pesticides dans l’eau potable de La Rochelle : plainte déposée après une pollution ponctuelle · Dieselgate : Fiat Chrysler (Stellantis) renvoyé en correctionnelle, troisième constructeur jugé en France. Pourquoi les pollueurs industriels mettent-ils souvent des années, voire des décennies, à être jugés, quand une intrusion militante de quelques heures déclenche un procès en moins d’un an ? Et qui, du militant ou de l’industriel, doit finalement rendre des comptes en premier ?

Entre le tribunal et la centrale, c’est un même différend qui se rejoue, chiffre après chiffre.

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