25 août 2026
Bally Bagayoko : le Parquet national financier ouvre une enquête sur son emploi à la RATP
- Qu’est-ce que révèle l’enquête visant Bally Bagayoko ?
- Qui est Bally Bagayoko ?
- Ce que révèle Le Canard enchaîné : un système structuré
- Chronologie : des plaintes à l’ouverture de l’enquête
- Ce que vérifie précisément le Parquet national financier
- La défense de Bagayoko et la position de la RATP
- Cumul emploi public et mandat électif : un problème plus large
- Conclusion
- Rappel sur les limites de cet article
- Questions fréquentes
- Sources
🔍 Qu’est-ce que révèle l’enquête visant Bally Bagayoko ?
Le Parquet national financier a ouvert le 19 août 2026 une enquête préliminaire visant à « procéder aux vérifications utiles concernant les conditions d’emploi » de Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, à la RATP. L’élu LFI aurait cumulé pendant plusieurs années un poste à temps plein au sein de la régie de transports avec ses fonctions électives locales, sans que la réalité de son activité professionnelle soit clairement établie — ce que dénonce une plainte de l’association AC!! Anti-Corruption déposée le 7 août 2026.
🧑💼 Qui est Bally Bagayoko ?
Né le 31 juillet 1973, Bally Bagayoko est élu maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis, environ 8 kilomètres au nord de Paris) dès le premier tour des élections municipales de mars 2026, avec 50,77 % des suffrages exprimés. Figure locale de La France Insoumise, il succède à une lignée d’édiles communistes puis divers gauche à la tête d’une ville de plus de 110 000 habitants, longtemps considérée comme un bastion du Parti communiste français.
Avant son élection, Bally Bagayoko était employé par la RATP. C’est précisément la nature de cet emploi — occupé en parallèle de responsabilités politiques croissantes depuis le début des années 2000 — qui est aujourd’hui questionnée.
📰 Ce que révèle Le Canard enchaîné : un système structuré
L’affaire part d’une enquête du Canard enchaîné, qui évoque un « système organisé et structuré d’emplois fictifs » à la RATP, bénéficiant à des élus franciliens de tout bord politique. Selon l’hebdomadaire satirique, la régie compterait environ 200 agents dans une situation comparable à celle de Bally Bagayoko : un poste théoriquement à temps plein, mais des conditions d’exercice qui laisseraient une large place à l’exercice de mandats électifs.
La plainte du 12 août, déposée contre X (c’est-à-dire sans viser nommément un individu), élargit ainsi le périmètre de l’affaire bien au-delà du seul maire de Saint-Denis : elle vise la pratique elle-même, telle qu’elle aurait perduré au sein de la régie pendant des années sans être remise en cause. Liberta Press avait détaillé cette seconde plainte et le système visant environ 200 agents dès son dépôt.
📅 Chronologie : des plaintes à l’ouverture de l’enquête
- 7 août 2026 — L’association AC!! Anti-Corruption dépose une première plainte visant nommément Bally Bagayoko, sur la base des révélations du Canard enchaîné.
- 12 août 2026 — L’association dépose une seconde plainte, cette fois contre X, dénonçant un système plus large touchant environ 200 agents de la RATP occupant aussi des mandats électifs.
- 19 août 2026 — Le Parquet national financier ouvre une enquête préliminaire spécifiquement centrée sur les conditions d’emploi de Bally Bagayoko à la RATP.
- 24 août 2026 — L’ouverture de cette enquête est révélée dans la presse, relançant le débat sur le cumul emploi public et mandat local.
⚖️ Ce que vérifie précisément le Parquet national financier
Créé en 2013 dans la foulée de l’affaire Cahuzac, le Parquet national financier est compétent pour les infractions économiques et financières les plus complexes, notamment les atteintes à la probité impliquant des élus ou des agents publics. Une enquête préliminaire — le stade où se trouve actuellement le dossier Bagayoko — ne vaut pas mise en cause formelle : elle permet au parquet de rassembler des éléments avant de décider, le cas échéant, d’une mise en examen ou d’un classement sans suite.
Selon les termes mêmes employés par le PNF, l’enquête doit permettre de « procéder aux vérifications utiles concernant les conditions d’emploi » de l’élu à la régie de transports. Concrètement, les enquêteurs devront établir la réalité du travail fourni par Bally Bagayoko pour la RATP durant les années où il cumulait cet emploi avec ses fonctions politiques, et si les avantages professionnels associés (rémunération, souplesse horaire) étaient proportionnés à cette réalité. Le PNF, déjà chargé d’un dossier retentissant sur une perquisition au siège d’Edmond de Rothschild dans l’affaire Epstein, voit ainsi son périmètre d’action s’étendre aux pratiques d’emploi des élus locaux.
🛡️ La défense de Bagayoko et la position de la RATP
L’édile dénonce une « volonté de le discréditer politiquement », sans détailler publiquement, à ce stade, la nature exacte de ses fonctions à la RATP durant la période visée par l’enquête.
De son côté, la RATP dément l’existence d’un système structuré d’emplois fictifs, sans pour autant publier d’éléments chiffrés contredisant les 200 cas évoqués par Le Canard enchaîné. La régie, entreprise publique employant plus de 45 000 salariés en Île-de-France, n’a pas communiqué de calendrier pour un audit interne sur ce sujet.
🏛️ Cumul emploi public et mandat électif : un problème plus large
Le cas Bagayoko relance un débat ancien en France : celui de la mise à disposition ou de la disponibilité accordée à des salariés d’entreprises publiques (RATP, SNCF, La Poste, EDF) qui exercent en parallèle un mandat électif. Ce type d’arrangement est en soi légal — de nombreuses conventions collectives et statuts prévoient des facilités pour l’exercice d’un mandat local — mais la ligne entre facilité légitime et emploi fictif dépend entièrement de la réalité du travail fourni en contrepartie du salaire versé.
C’est précisément ce que l’enquête du PNF devra trancher, dossier par dossier, si elle s’étend au-delà du seul cas Bagayoko. À titre de comparaison, la France a déjà connu plusieurs affaires d’emplois fictifs impliquant des collectivités locales ou des partis politiques depuis les années 1990, sans qu’un mécanisme systématique de contrôle des mises à disposition dans les entreprises publiques de transport n’ait jamais été mis en place.
✅ Conclusion
L’ouverture d’une enquête préliminaire par le Parquet national financier marque un tournant judiciaire dans une affaire qui, jusqu’ici, reposait sur les seules révélations du Canard enchaîné et les plaintes d’une association. Elle ne préjuge en rien de l’issue du dossier, mais elle confirme que la question du cumul emploi RATP/mandat électif dépasse le cas individuel de Bally Bagayoko et pourrait, si la seconde plainte contre X prospère, concerner une partie plus large du personnel politique francilien.
⚠️ Rappel sur les limites de cet article
Le chiffre de « 200 agents » concernés par des situations similaires provient du Canard enchaîné et n’a pas été confirmé par une source officielle indépendante à la date de publication. L’ouverture d’une enquête préliminaire ne constitue ni une mise en examen ni une reconnaissance de culpabilité : Bally Bagayoko bénéficie de la présomption d’innocence. Cet article sera mis à jour si la RATP publie des éléments chiffrés ou si l’enquête du PNF connaît de nouveaux développements.
❓ Questions fréquentes
Une enquête préliminaire du PNF signifie-t-elle que Bally Bagayoko sera mis en examen ?
Non. Une enquête préliminaire est une phase d’investigation qui peut déboucher soit sur un classement sans suite, soit sur l’ouverture d’une information judiciaire et une éventuelle mise en examen. Aucune de ces issues n’est acquise à ce stade.
Bally Bagayoko a-t-il démissionné de son poste à la RATP depuis son élection comme maire ?
Cette information n’est pas confirmée publiquement à la date de publication de cet article ; la question de son statut professionnel actuel à la régie fait partie des éléments que l’enquête devra clarifier.
D’autres élus franciliens sont-ils visés par la plainte du 12 août ?
La plainte du 12 août 2026 est déposée contre X, c’est-à-dire sans nommer d’individus précis au-delà de Bally Bagayoko. Elle vise la pratique dans son ensemble ; il reviendra à l’enquête de déterminer si d’autres élus sont concernés nommément.
📚 Sources
- Franceinfo — « Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, visé par une enquête pour détournement de fonds publics »
- Le Monde — « Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, visé par une enquête pour détournement de fonds publics concernant son emploi à la RATP »
- CNews — « Emploi à la RATP : le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, visé par une enquête pour détournement de fonds publics »
- Liberta Press — « RATP : une plainte dénonce un « système d’emplois fictifs » pour des élus franciliens »
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