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Le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme des États-Unis démissionne : « L’Iran ne représentait aucune menace imminente »

🔴 La démission qui secoue Washington

Le 17 mars 2026, Joe Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme des États-Unis (NCTC), a annoncé sa démission immédiate. Dans une lettre adressée directement au président Donald Trump, cet ancien Ranger des forces spéciales et vétéran de onze déploiements au Moyen-Orient a déclaré qu’il ne pouvait « en conscience » soutenir la guerre en cours contre l’Iran.

Sa position est sans ambiguïté : Téhéran ne constituait aucune menace imminente pour les États-Unis, et le conflit a été déclenché sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain — un constat explosif, venant de l’intérieur même de l’appareil de sécurité nationale.

⚠️ Bilan humain au 17 mars 2026

  • 13 soldats américains tués depuis le début des hostilités
  • 1 444 morts en Iran
  • 20 victimes dans la région du Golfe
  • 15 morts en Israël
  • Début des hostilités : 28 février 2026

Cette démission constitue le premier départ public d’un haut responsable de l’administration Trump depuis le début des hostilités, révélant une fracture profonde au sommet de l’appareil sécuritaire américain. Pour les lecteurs français, rappelons que le NCTC est l’équivalent approximatif d’une fusion entre la DGSI et le CNRLT (Comité national de prévention du terrorisme) — soit l’organe central qui coordonne l’ensemble du renseignement antiterroriste américain.

Joe Kent, directeur du NCTC
Joe Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC)


🎖️ Un parcours forgé au feu des opérations spéciales

Joe Kent n’est pas un bureaucrate de Washington. Ancien Ranger et membre des forces spéciales de l’armée américaine, il totalise onze déploiements de combat sur vingt ans de carrière, principalement au Moyen-Orient, avant de rejoindre la CIA en tant qu’officier paramilitaire. Une trajectoire qui lui confère une légitimité indiscutable pour parler de guerre — et de ses conséquences réelles.

Sa vie personnelle porte elle-même le poids des conflits de la région : son épouse, Shannon Kent, cryptologue de la Marine américaine, a été tuée dans un attentat suicide de l’État islamique en Syrie, en janvier 2019. Un deuil qui rend sa prise de position d’aujourd’hui encore plus retentissante.

Nommé par Donald Trump, confirmé par le Sénat en juillet 2025 à la tête du NCTC, il avait été salué par la directrice du renseignement national Tulsi Gabbard pour son expérience sur les champs de bataille les plus dangereux du monde. Avant cela, il avait tenté à deux reprises d’être élu au Congrès sous l’étiquette républicaine pro-Trump dans l’État de Washington — sans succès.

🇫🇷 Repère pour les lecteurs français

Le NCTC (National Counterterrorism Center) coordonne l’ensemble des agences de renseignement américaines sur la menace terroriste — FBI, CIA, NSA, DIA, etc. Son directeur conseille directement le président. C’est un poste équivalent, en importance stratégique, à celui du coordinateur national du renseignement en France.


📄 Les raisons explicites : une guerre « sans bénéfice » pour l’Amérique

Dans sa lettre de démission publiée sur X (ex-Twitter), Joe Kent ne mâche pas ses mots. Ses accusations sont directes, documentées, et émanent du cœur même du renseignement américain.

« Je ne peux pas soutenir l’envoi de la prochaine génération se battre et mourir dans une guerre qui n’apporte aucun bénéfice au peuple américain ni ne justifie le coût en vies américaines. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est évident que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain. »

— Joe Kent, lettre de démission, 17 mars 2026

Joe Kent dénonce en outre une « campagne de désinformation » orchestrée par de hauts responsables israéliens et relayée par des médias américains influents, qui aurait conduit le président Trump à croire à une victoire rapide et sans coût majeur. Il rappelle le sacrifice de sa propre épouse et exhorte Trump à « changer de cap » : « Vous tenez les cartes. »

Ces accusations sont d’autant plus percutantes qu’elles proviennent d’un homme qui avait lui-même soutenu l’assassinat ciblé du général iranien Qassem Soleimani en janvier 2020 — présenté à l’époque comme un usage limité et justifié de la force. La ligne rouge, pour Kent, c’est la guerre totale, engagée sans preuve publique de menace imminente.

Selon des sources citées par Axios, l’administration Trump se prépare à un entretien entre Kent et Tucker Carlson — l’un des critiques les plus virulents de la guerre au sein de la droite américaine. Les réactions dans le camp trumpiste ont été immédiates : un conseiller l’a traité d’« égomaniaque » et un responsable de la Maison Blanche a affirmé qu’il était suspecté d’être une source de fuites.


⚔️ Le contexte de l’escalade : des frappes lancées sans vote du Congrès

La guerre a débuté le 28 février 2026 par des attaques conjointes américaines et israéliennes contre des cibles militaires et nucléaires en Iran. L’administration Trump a invoqué le développement de missiles balistiques et d’un programme nucléaire avancé par Téhéran — sans produire de preuves publiques — et a présenté l’ensemble des actions iraniennes depuis 1979 comme une menace permanente et actuelle.

Pourtant, le droit international et la Constitution américaine exigent, pour un engagement militaire de cette envergure, la démonstration d’une menace imminente — ou un vote d’autorisation du Congrès (AUMF). Aucune des deux conditions n’a été remplie. C’est précisément ce point juridique et éthique que Kent met au cœur de sa démission.

Les tentatives du Congrès pour limiter le conflit

Plusieurs élus démocrates — et quelques républicains isolationnistes — ont tenté de voter une résolution pour encadrer ou stopper les opérations militaires. Ces initiatives ont été bloquées par la majorité républicaine au Sénat, reflétant un soutien majoritaire au sein de la base MAGA à la position guerrière de Trump. Les sondages américains montrent en effet que les électeurs républicains, et particulièrement les partisans de Trump, approuvent largement la guerre.

🌍 Le point de vue européen

Alors que Trump a demandé à ses alliés de l’OTAN d’envoyer des navires de guerre dans le détroit d’Ormuz, l’Australie, le Japon et plusieurs pays européens ont refusé. Les prix du pétrole ont bondi, conséquence directe de la déstabilisation de cette voie maritime stratégique par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial.


🏛️ La réaction immédiate de Donald Trump

La réponse présidentielle n’a pas tardé. Interrogé par des journalistes quelques heures après l’annonce, Donald Trump a balayé la démission d’une formule méprisante :

« J’ai toujours pensé qu’il était faible sur la sécurité. C’est une bonne chose qu’il soit parti, car il disait que l’Iran n’était pas une menace. L’Iran était une menace. Chaque pays a réalisé quelle menace représentait l’Iran. »

— Donald Trump, 17 mars 2026

Tulsi Gabbard, directrice du renseignement national et supérieure hiérarchique directe de Kent, est restée discrète. Elle n’a pas soutenu la thèse de la menace imminente sur X, se contentant d’écrire que c’est au président de « déterminer ce qui constitue ou non une menace imminente ». Son audition devant le Comité du renseignement de la Chambre, initialement prévue ce mardi, a été reportée au jeudi 19 mars.

Selon des sources proches de la Maison Blanche citées par Axios, des responsables avaient demandé à plusieurs reprises à Gabbard de licencier Kent — ce qu’elle avait refusé. La démission, présentée comme volontaire, résulterait donc d’une pression progressive.


🎬 Vidéo : l’annonce de démission en direct

Regardez l’annonce de Joe Kent et les premières réactions internationales dans la vidéo ci-dessous :

Joe Kent annonce sa démission immédiate, affirmant que l’Iran ne posait aucune menace imminente (source : actualité internationale, 17 mars 2026).


🔎 Conclusion : une fracture au cœur du renseignement américain

Joe Kent, vétéran décoré, ancien loyaliste de Trump et expert antiterroriste, claque la porte du renseignement américain en accusant ouvertement la guerre d’Iran d’être une opération imposée de l’extérieur — sans bénéfice réel pour les États-Unis. Ses mots, prononcés depuis le cœur même de l’appareil sécuritaire américain, jettent un doute majeur sur les fondements officiels du conflit.

Au 17 mars 2026, aucun successeur n’a été nommé à la tête du NCTC. La guerre se poursuit. Et l’Amérique, entre soutiens et dissidences, commence à compter ses morts — soldats et civils confondus.

📌 À retenir

  • Première démission publique d’un haut responsable Trump depuis le début de la guerre
  • Kent affirme qu’Iran ne posait aucune menace imminente — condition légale pour attaquer sans vote du Congrès
  • Il accuse Israël et son lobby d’avoir poussé Washington à la guerre
  • Trump répond en qualifiant Kent de « faible sur la sécurité »
  • Tulsi Gabbard garde le silence, son audition est reportée
  • Un entretien Tucker Carlson–Kent est attendu dans les prochains jours

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