🌱 Découvrez Liberta Local, la plateforme de l'économie locale — local.liberta.press
Marteau de juge, symbole des procedures judiciaires

Poursuites d’État, procédure pour outrage au Congrès, procureur spécial : ce qui attend vraiment Fauci malgré la grâce de Biden

La grâce présidentielle accordée par Joe Biden à Anthony Fauci dans ses dernières heures au pouvoir devait, en théorie, clore le dossier judiciaire fédéral. Une semaine après l’audition du 29 juillet où l’ancien directeur du NIAID a invoqué le cinquième amendement plus de 100 fois, c’est l’inverse qui se produit : trois États lancent des poursuites que la grâce ne couvre pas, un sénateur demande la nomination d’un procureur spécial indépendant pour examiner la validité même de cette grâce, et le président de la commission sénatoriale annonce un vote pour outrage au Congrès. Voici ce qui attend réellement Anthony Fauci.

📋 Sommaire

  1. La grâce de Biden : ce qu’elle couvre, ce qu’elle ne couvre pas
  2. La Floride ouvre une enquête d’État
  3. La Louisiane et l’Alabama emboîtent le pas
  4. Un vote pour outrage au Congrès annoncé par Rand Paul
  5. La demande de procureur spécial — et la grâce elle-même mise en cause
  6. Conclusion

📜 La grâce de Biden : ce qu’elle couvre, ce qu’elle ne couvre pas

Dans ses dernières heures à la Maison Blanche, Joe Biden a accordé à Anthony Fauci une grâce présidentielle « pleine et inconditionnelle », signée par autopen (une machine à signature automatisée), couvrant d’éventuels crimes fédéraux remontant jusqu’au 1er janvier 2014. Une grâce présidentielle américaine ne peut cependant s’appliquer qu’aux infractions fédérales — elle est, par nature, sans aucun effet sur d’éventuelles poursuites engagées au niveau d’un État. C’est précisément la brèche que plusieurs procureurs généraux d’État ont commencé à exploiter dans les jours qui ont suivi l’audition du 29 juillet.


🌴 La Floride ouvre une enquête d’État

Dès le lendemain de l’audition, le procureur général de Floride James Uthmeier a annoncé l’ouverture d’une enquête, déclarant publiquement : « Le manque de franchise de Fauci envers le Congrès est incroyable. Mon bureau lance une enquête sur le Dr Fauci. » Uthmeier s’était déjà dit auparavant ouvert à l’idée de poursuites pénales d’État concernant les recommandations de Fauci sur la distanciation sociale, le port du masque et la fermeture des écoles durant la pandémie. Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, a précisé sur les réseaux sociaux le cadre juridique applicable : une telle procédure nécessiterait qu’un procureur général d’État ou un procureur local établisse à la fois une violation du droit de l’État concerné et une compétence juridictionnelle personnelle sur le défendeur — deux conditions juridiques distinctes qui restent, à ce stade, à démontrer.


🗺️ La Louisiane et l’Alabama emboîtent le pas

Dans les jours suivant l’annonce floridienne, la Louisiane et l’Alabama ont à leur tour annoncé l’ouverture de démarches similaires contre Anthony Fauci, rejoignant la Floride dans ce que plusieurs médias américains ont qualifié de mouvement des « États rouges » (à majorité républicaine) pour tenter de le poursuivre au niveau local malgré la grâce fédérale. Aucun de ces trois États n’a, à la date de rédaction, déposé de charges formelles — il s’agit à ce stade d’enquêtes préliminaires, pas de procédures judiciaires engagées.


⚖️ Un vote pour outrage au Congrès annoncé par Rand Paul

À l’issue des presque trois heures d’audition du 29 juillet, le sénateur Rand Paul, président de la commission HSGAC, a averti Fauci qu’il ferait face à des « répercussions » pour son refus de répondre : « La commission devra examiner, après cette audition, quelle mesure appropriée prendre à votre encontre pour n’avoir pas témoigné après en avoir reçu l’instruction. » Rand Paul a annoncé qu’un vote de la commission sur une mise en cause pour outrage au Congrès aurait lieu la semaine suivante — une procédure qui, en cas de vote positif, peut in fine déboucher sur une amende, une peine de prison, ou les deux.

💬 Pourquoi Fauci dit avoir invoqué le cinquième amendement

Selon les explications données par Fauci lui-même durant l’audition, son choix d’invoquer systématiquement le cinquième amendement visait à écarter le risque que des sénateurs républicains de la commission ne cherchent, selon ses mots, à le poursuivre pour parjure sur la base de ses réponses.


🔎 La demande de procureur spécial — et la grâce elle-même mise en cause

Le sénateur Roger Marshall (Kansas) a adressé une lettre au procureur général par intérim Todd Blanche, demandant la nomination d’un procureur spécial indépendant (« Special Counsel », une fonction de procureur fédéral nommé en dehors de la voie hiérarchique habituelle du ministère de la Justice pour garantir son indépendance) pour enquêter sur le rôle d’Anthony Fauci dans l’origine du Covid-19, le financement fédéral de recherches virales à risque, et une éventuelle obstruction au contrôle parlementaire. Marshall justifie sa demande par la nécessité d’« éviter l’apparence que le gouvernement fédéral examine de façon inappropriée ses propres manquements de l’ère pandémique » — un procureur spécial étant, par construction, plus indépendant qu’une enquête interne au ministère de la Justice.

📌 À retenir : la demande de Marshall va plus loin que la seule enquête sur Fauci — elle demande explicitement à ce procureur spécial d’examiner si la grâce accordée par Biden a été personnellement autorisée par le président et si elle a été légalement exécutée, en référence directe à sa signature par autopen.

Cette question de la validité des grâces signées par autopen dépasse le seul cas Fauci — elle s’inscrit dans une controverse plus large sur plusieurs grâces accordées par Joe Biden en fin de mandat par ce même procédé, dont la légalité constitutionnelle a été publiquement questionnée par certains élus républicains. Si un tribunal venait un jour à juger qu’une grâce signée par autopen sans validation personnelle directe du président n’est pas valablement exécutée, cela ouvrirait, en théorie, la voie à des poursuites fédérales contre Fauci malgré la grâce — un scénario qui reste, à ce stade, une hypothèse juridique soulevée par un sénateur, non une position adoptée par un tribunal ou par le ministère de la Justice.

Séparément, un mémo interne daté du 8 juin 2025 — donc antérieur à la déclassification de Tulsi Gabbard — a été rendu public, esquissant une feuille de route pour une enquête du ministère de la Justice sur la contribution d’Anthony Fauci et des National Institutes of Health (NIH) à l’article « Proximal Origin », déjà évoqué dans le rapport de la Maison Blanche.


✅ Conclusion

Une semaine après l’audition, le paysage juridique d’Anthony Fauci s’est complexifié plutôt que clarifié : la grâce fédérale reste en vigueur, mais elle est contournée sur trois fronts distincts — des poursuites d’État qu’elle ne couvre pas, une procédure parlementaire d’outrage qui lui est propre, et une remise en cause potentielle de sa validité même. Aucune de ces trois voies n’a, à ce jour, abouti à une charge formelle ou à une décision de justice — mais leur multiplication simultanée, chacune portée par des acteurs institutionnels différents, rend la position de Fauci nettement moins protégée qu’elle ne le semblait au lendemain de la grâce présidentielle de janvier.

⚠️ Rappel sur les limites de cet article

  • Les enquêtes ouvertes par la Floride, la Louisiane et l’Alabama sont des démarches préliminaires — aucune charge formelle n’a été déposée à la date de rédaction, et rien ne garantit qu’elles aboutiront à des poursuites effectives.
  • La question de la validité juridique d’une grâce présidentielle signée par autopen est une hypothèse juridique soulevée par un sénateur (Roger Marshall), pas une position tranchée par un tribunal — aucune jurisprudence connue à ce jour ne confirme qu’une telle grâce serait invalide.
  • La demande de procureur spécial n’a, à la date de rédaction, reçu aucune réponse publique du ministère de la Justice — sa nomination éventuelle reste hypothétique.
  • Le vote annoncé sur l’outrage au Congrès n’avait pas encore eu lieu à la date de rédaction de cet article — son issue n’est pas connue.
  • Cet article documente des démarches judiciaires et politiques réelles, mais ne préjuge en rien de la culpabilité ou de l’innocence d’Anthony Fauci sur le fond des accusations — la présomption d’innocence s’applique à toute procédure évoquée ici.

📚 Sources

  1. Washington Post — Fauci’s critics have power, they’re coming after his pandemic record
  2. Fox News — Fauci’s Fifth fuels vow to haul him into court despite Biden pardon
  3. Washington Examiner — Florida AG announces investigation into Fauci over COVID-19 claims
  4. NPR — Sen. Rand Paul says he’ll move to hold Fauci in contempt
  5. PBS News — Sen. Paul says he will hold a contempt vote
  6. Bureau du sénateur Roger Marshall — Calls for Special Counsel Investigation into Dr. Fauci
  7. The Federalist — Memo Reveals Blueprint For Investigation Into Covid Origins Paper

Envie de suivre nos prochains articles ?

Un récapitulatif hebdomadaire par email — la seule audience qu’aucune plateforme ne peut vous confisquer. Aucun spam, désinscription en un clic.

Partager cet article