🌱 Découvrez Liberta Local, la plateforme de l'économie locale — local.liberta.press
Micrographie de la bacterie Yersinia pestis, agent de la peste

Vaccin contre la peste : où en est le projet de l’équipe d’Oxford

Il n’existe aujourd’hui aucun vaccin autorisé contre la peste au Royaume-Uni. L’équipe d’Oxford à l’origine du vaccin Covid AstraZeneca travaille pourtant depuis plusieurs années sur un candidat-vaccin contre la peste bubonique, avec des résultats d’essai clinique préliminaires jugés encourageants — et un appel de scientifiques militaires britanniques à ne pas attendre qu’il soit trop tard.

📋 Sommaire

  1. Pourquoi s’inquiéter d’une maladie du Moyen Âge
  2. L’essai clinique d’Oxford
  3. L’alerte des scientifiques militaires de Porton Down
  4. Comment se transmet la peste aujourd’hui
  5. Conclusion

🦠 Pourquoi s’inquiéter d’une maladie du Moyen Âge

La peste, causée par la bactérie Yersinia pestis, est à l’origine de trois des sept pandémies recensées dans l’histoire humaine — dont la tristement célèbre peste noire du XIVe siècle, qui aurait tué la moitié de la population européenne selon certaines estimations, sur un total historique estimé à environ 200 millions de morts toutes épidémies confondues. Depuis l’avènement des antibiotiques au XXe siècle, l’inquiétude autour de cette maladie s’était largement estompée en Occident — la peste reste néanmoins présente dans certaines régions du monde, notamment à Madagascar et au Pérou.


💉 L’essai clinique d’Oxford

L’Oxford Vaccine Group, l’équipe universitaire à l’origine du vaccin Covid Oxford/AstraZeneca, a lancé en 2021 un essai clinique de phase précoce testant un candidat-vaccin contre la peste bubonique sur 40 adultes en bonne santé. Son directeur, le professeur Sir Andrew Pollard, a déclaré au quotidien britannique The Telegraph que les résultats montraient un vaccin sûr et capable de déclencher une réponse immunitaire, et qu’ils seraient soumis à une revue par les pairs (l’évaluation par d’autres scientifiques du domaine, étape obligatoire avant publication scientifique reconnue), avec d’autres essais cliniques prévus par la suite.

Le professeur Pollard a précisé le contexte britannique : « Il n’y a pas de vaccins contre la peste autorisés au Royaume-Uni. Les antibiotiques sont le seul traitement. Il existe quelques vaccins autorisés en Russie. Le risque au Royaume-Uni est actuellement très faible. »


🎖️ L’alerte des scientifiques militaires de Porton Down

Des chercheurs du DSTL (Defence Science and Technology Laboratory, le laboratoire de recherche scientifique et technologique du ministère britannique de la Défense, basé à Porton Down, dans le Wiltshire) ont publié, dans la revue à comité de lecture NPJ Vaccines, un appel à accélérer le développement vaccinal pour « prévenir de futures épidémies catastrophiques de peste ». Leur inquiétude porte moins sur la peste elle-même que sur la montée de la résistance aux antimicrobiens, un phénomène plus large qui devrait, selon les projections citées, causer 39 millions de décès dans le monde d’ici 2050, toutes maladies confondues.

Le professeur Tim Atkins, du DSTL, a expliqué au Telegraph : « Si une personne est infectée par une souche résistante aux antibiotiques de la bactérie de la peste, le traitement pourrait être moins efficace et elle pourrait rester malade plus longtemps. Pour la peste pneumonique, transmise par inhalation, cela augmente les chances d’infecter d’autres personnes à proximité. » Il précise toutefois que des antibiotiques de recours existent encore, et que la résistance aux antibiotiques n’est pas propre à la peste — elle concerne aussi des infections bien plus courantes au Royaume-Uni, comme le SARM (staphylocoque doré résistant à la méticilline).


🔬 Comment se transmet la peste aujourd’hui

La bactérie se transmet des rongeurs porteurs aux humains par piqûre de puce. Selon la forme qu’elle prend, la maladie a des conséquences très différentes : la peste bubonique, caractérisée par un gonflement douloureux des ganglions lymphatiques, tue environ 30 % des personnes non traitées ; la peste pneumonique, qui touche les poumons, est fatale à 100 % si elle n’est pas traitée dans les 24 heures et peut se transmettre entre humains par gouttelettes ; les deux formes peuvent évoluer vers une peste septicémique, qui met la vie en danger.


✅ Conclusion

Le risque de peste au Royaume-Uni reste, de l’aveu même des chercheurs cités, « actuellement très faible ». Mais l’histoire de la médecine regorge d’exemples où le temps de développement d’un vaccin — souvent des années, voire des décennies — a fini par manquer cruellement au moment où le risque a cessé d’être théorique. C’est précisément cette course contre la montre que les scientifiques de Porton Down cherchent à anticiper.

⚠️ Rappel sur les limites de cet article

  • Les faits rapportés dans cet article datent de janvier 2025 (essai sur 40 adultes lancé en 2021, résultats préliminaires alors en cours de soumission à une revue par les pairs). Une recherche menée en août 2026 n’a permis de retrouver aucune publication scientifique confirmant l’issue de cette évaluation par les pairs, ni d’annonce d’essai clinique de phase ultérieure — cette absence d’information récente ne signifie pas que le projet a été abandonné, seulement qu’aucune mise à jour vérifiable n’a pu être trouvée.
  • Aucun vaccin contre la peste n’est à ce jour autorisé au Royaume-Uni ni dans l’Union européenne — les vaccins mentionnés comme autorisés en Russie n’ont pas été vérifiés de façon indépendante par cette rédaction.
  • Les citations attribuées aux professeurs Andrew Pollard et Tim Atkins proviennent du brouillon original de cette rédaction (source déclarée : The Telegraph) ; l’article du Telegraph lui-même, potentiellement payant, n’a pas pu être consulté directement pour cette mise à jour — seule l’existence et la fonction réelle des deux chercheurs a été vérifiée de façon indépendante (Oxford Vaccine Group, OMS).

📚 Sources

  1. Oxford Vaccine Group — Sir Andrew Pollard
  2. ClinicalTrials.gov — Essais du groupe vaccinal d’Oxford
  3. Organisation mondiale de la santé — Biographie du Pr Andrew Pollard

Envie de suivre nos prochains articles ?

Un récapitulatif hebdomadaire par email — la seule audience qu’aucune plateforme ne peut vous confisquer. Aucun spam, désinscription en un clic.

Partager cet article