6 septembre 2026
Piratage de la DGFiP : ChatNoir, le pirate de 18 ans mis en examen et écroué
- Qui est ChatNoir, le pirate mis en examen dans l’affaire du fisc ?
- Chronologie : du piratage de la DGFiP à la mise en examen
- Un casier numérique déjà chargé avant ses 18 ans
- Ce que ChatNoir risque devant la justice
- Le second suspect : un mineur déjà connu du collectif Epsilon
- ZeroBytes, une série d’attaques déjà bien identifiée
- Ce qu’ont communiqué le parquet et la DGFiP
- Questions fréquentes
- Sources
🔍 Qui est ChatNoir, le pirate mis en examen dans l’affaire du fisc ?
« ChatNoir » est le pseudonyme d’un jeune homme de 18 ans, né en janvier 2008 et domicilié en région parisienne, mis en examen le 20 août 2026 et placé en détention provisoire dans le cadre de l’enquête sur le piratage de la DGFiP survenu cet été. Le parquet de Paris le soupçonne d’appartenir au groupe de cybercriminels « ZeroBytes », déjà identifié par Liberta Press comme l’auteur d’une série d’attaques contre des organismes français depuis le printemps 2026. Son identité civile n’est à ce stade révélée par aucune source officielle ou journalistique consultée.
🗓️ Chronologie : du piratage de la DGFiP à la mise en examen
Le piratage de la DGFiP lui-même est un dossier déjà suivi par Liberta Press depuis la mi-août : une intrusion fin juin 2026, restée invisible pendant six semaines, avait permis l’extraction de 678 438 lignes de données fiscales appartenant à des particuliers et des professionnels, dont leur revenu fiscal de référence (notre article du 14 août). Une deuxième fuite, portant sur des dossiers de successions, avait suivi quelques jours plus tard (notre article du 26 août).
- Fin juin 2026 — intrusion dans les systèmes de la DGFiP, non détectée pendant six semaines
- 14 août 2026 — révélation de la première fuite (678 438 lignes de données fiscales)
- 26 août 2026 — révélation d’une fuite complémentaire liée aux successions
- 20 août 2026 — interpellation, garde à vue, puis mise en examen et placement en détention provisoire de « ChatNoir »
- 4 septembre 2026 — le parquet de Paris confirme publiquement ces poursuites
Selon plusieurs médias spécialisés, l’accès frauduleux aux systèmes de la DGFiP se serait appuyé sur des identifiants de comptes d’agents de l’administration compromis en amont — un mode opératoire qui, s’il est confirmé par l’instruction, rejoindrait celui déjà documenté sur d’autres cibles attribuées à ZeroBytes. Cette hypothèse n’a pas fait l’objet d’une confirmation officielle détaillée par la DGFiP ou le parquet à la date de publication de cet article.
🧑💻 Un casier numérique déjà chargé avant ses 18 ans
Plusieurs médias spécialisés en cybersécurité présentent ChatNoir comme un « pirate chevronné » à la trajectoire déjà longue pour son âge. Il serait le co-fondateur présumé du collectif « Epsilon », actif dès 2023, auquel sont attribués le piratage de l’hébergeur Shadow fin 2023, celui du distributeur informatique LDLC, ainsi que le détournement des comptes X (ex-Twitter) des chaînes BFM-TV et RMC en mars 2024.
Il avait déjà été mis en examen en janvier 2025 dans l’enquête sur la fuite massive de données de l’opérateur Free, qui avait touché plus de 19 millions de clients. Un juge des enfants l’avait alors placé en centre éducatif fermé, avant qu’il n’obtienne un simple contrôle judiciaire et ne soit remis en liberté. C’est pendant cette période de liberté sous contrôle judiciaire que les enquêteurs de l’Office anti-cybercriminalité (OFAC) l’auraient identifié et interpellé cet été pour le dossier DGFiP.
Ce parcours illustre une difficulté récurrente de la réponse judiciaire face aux mineurs et jeunes majeurs impliqués dans la cybercriminalité organisée : les mesures de contrôle judiciaire prononcées dans un premier dossier n’ont, selon les informations disponibles, pas empêché une nouvelle interpellation dans un dossier distinct quelques mois plus tard.
⚖️ Ce que ChatNoir risque devant la justice
Selon les informations rapportées par plusieurs médias, ChatNoir a été mis en examen le 20 août 2026 pour accès frauduleux et maintien dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel en bande organisée, extraction frauduleuse de données d’un système mis en œuvre par l’État, et association de malfaiteurs. Il encourt, selon ces mêmes sources, jusqu’à 10 ans de prison et 300 000 € d’amende. Il a été placé en détention provisoire, mesure qui ne préjuge pas de sa culpabilité.
👥 Le second suspect : un mineur déjà connu du collectif Epsilon
Un second suspect, un mineur d’environ 16 ans connu sous le pseudonyme « Casquette » et déjà rattaché au collectif Epsilon en 2024, a lui aussi été entendu et mis en examen le même jour — mais dans un dossier distinct de celui de la DGFiP, selon les informations disponibles. Il aurait eu moins de 14 ans au moment des faits visés par ce second dossier. Les deux interpellations s’inscrivent dans le cadre plus large des investigations ouvertes sur les cyberattaques revendiquées cet été par ZeroBytes.
🔗 ZeroBytes, une série d’attaques déjà bien identifiée
Liberta Press documente depuis plusieurs mois la série d’attaques attribuées à ZeroBytes : la fuite des données de la Fédération française de handball (1,36 million de fiches de licenciés), celle visant Intermarché et EVA.gg, puis les deux volets DGFiP (cadastre et successions) déjà cités plus haut. Une revendication ultérieure, visant la plateforme Zéro Logement Vacant, reste à ce stade en cours de vérification éditoriale et n’a pas encore fait l’objet d’un article publié sur ce site.
La mise en examen de ChatNoir constitue la première arrestation individuelle formellement rattachée par le parquet à cette série, ce qui confirme, sans lever toute ambiguïté sur la structure exacte du groupe, qu’il s’agit bien d’un ensemble d’attaques coordonnées et non d’incidents isolés.
📣 Ce qu’ont communiqué le parquet et la DGFiP
Le parquet de Paris s’est limité, le 4 septembre, à confirmer la mise en examen et le placement en détention provisoire, sans détailler publiquement l’ensemble des éléments de preuve retenus contre le suspect — une réserve habituelle à ce stade de l’instruction. La DGFiP n’a pas communiqué de nouvel élément sur l’ampleur exacte des données compromises depuis ses précédentes prises de parole évoquées dans nos articles du 14 et du 26 août. Un Conseil de défense sur la cyberattaque DGFiP, annoncé fin août, doit se tenir à la mi-septembre 2026 ; ses conclusions n’étaient pas connues à la date de publication.
✅ Conclusion
La mise en examen de ChatNoir marque une étape judiciaire dans un dossier qui, jusqu’ici, n’avait produit que des revendications et des constats techniques. Elle ne clôt cependant ni l’enquête sur l’ampleur réelle du piratage de la DGFiP, ni celle sur la structure précise du groupe ZeroBytes, dont ChatNoir n’est présenté par le parquet que comme un suspect parmi d’autres possibles. Un pirate arrêté ne fait pas un réseau démantelé — l’instruction ne fait, à ce stade, que commencer.
- Confirmé judiciairement : la mise en examen de ChatNoir le 20 août 2026 et son placement en détention provisoire, confirmés publiquement par le parquet de Paris le 4 septembre 2026. Une mise en examen n’est pas une condamnation : elle s’accompagne de la présomption d’innocence.
- Non confirmé officiellement : le détail exact du mode opératoire (utilisation d’identifiants d’agents compromis), le rôle précis de ChatNoir au sein de ZeroBytes (simple participant, organisateur ?), et l’articulation entre le collectif Epsilon et ZeroBytes — les sources consultées les présentent comme liés par les mêmes individus, sans qu’un organigramme officiel du groupe n’ait été établi publiquement.
- Divergence entre sources : l’âge exact du second suspect varie selon les médias consultés (15 ou 16 ans), de même que le rattachement précis de sa mise en examen (dossier Epsilon distinct selon plusieurs sources, quand d’autres évoquent une interpellation commune « dans l’affaire ZeroBytes »).
- Aucune identité civile n’est reprise dans cet article : seuls des pseudonymes, un âge et une zone de résidence, déjà rendus publics par plusieurs médias, sont mentionnés.
❓ Questions fréquentes
ChatNoir et ZeroBytes sont-ils le même acteur ?
Non : ZeroBytes désigne le groupe qui revendique les piratages (DGFiP, FFHandball, Intermarché…), tandis que ChatNoir est un individu que le parquet de Paris soupçonne d’appartenir à ce groupe. Le lien est établi par l’enquête, pas par une revendication du suspect lui-même.
Que risque ChatNoir devant la justice ?
Selon les charges retenues lors de sa mise en examen le 20 août 2026, il encourt jusqu’à 10 ans de prison et 300 000 € d’amende, sous réserve de l’issue de l’instruction et du respect de la présomption d’innocence.
Combien de personnes ont été concernées par le piratage de la DGFiP ?
678 438 lignes de données fiscales de particuliers et de professionnels ont été extraites lors de l’intrusion de fin juin 2026, selon les éléments déjà publiés par Liberta Press le 14 août 2026.
Qui est le second suspect arrêté dans cette affaire ?
Un mineur d’environ 16 ans, connu sous le pseudonyme « Casquette » et déjà associé au collectif Epsilon, a été mis en examen le même jour, dans un dossier présenté par plusieurs sources comme distinct de celui de la DGFiP.
📚 Sources
- France Info — Piratage du fisc : le suspect de 18 ans déjà mis en examen dans le vol de données de Free, le second suspect mis en examen dans un autre dossier
- Journal du Coin — Piratage du fisc par ZeroBytes : un membre du groupe de hackeurs arrêté et en prison
- MacGeneration — Deux suspects de 15 et 18 ans interpellés dans l’affaire ZeroBytes
- L’Appel — ChatNoir, dix-huit ans et déjà un casier numérique
- Liberta Press — Cyberattaque DGFiP : 678 438 lignes de données fiscales volées (14/08/2026)
- Liberta Press — DGFiP : troisième fuite, les données de successions concernées (26/08/2026)
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