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Au Sud-Liban, la guerre décime aussi les ruches et les apiculteurs

🌿 Environnement

14 août 2026
🐝 Un secteur entier menacé. Au Sud-Liban, les frappes israéliennes ont touché des milliers de ruches et tué des dizaines d’apiculteurs depuis mars 2026. Au-delà du drame humain, c’est tout un écosystème de pollinisation transfrontalier qui vacille.
📋 Sommaire

  1. Pourquoi les ruches du Sud-Liban sont-elles touchées par la guerre ?
  2. Ce que disent les chiffres, et pourquoi ils divergent
  3. Des apiculteurs qui évacuent leurs colonies sous escorte de nuit
  4. Une pollinisation transfrontalière, donc un impact qui dépasse le Liban
  5. Le contexte : une guerre qui a aussi détruit ponts et hôpitaux
  6. Le poids économique de l’apiculture pour le Sud-Liban
  7. Questions fréquentes
Depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars 2026, des apiculteurs du Sud-Liban rapportent que leurs ruchers sont directement visés par des frappes. Selon le ministère libanais de l’Agriculture, environ 30 000 ruches auraient été touchées ; au moins 75 apiculteurs ont été tués depuis le début du conflit, dont Marouf Ramal, à la tête de l’une des plus grandes exploitations du pays, mort le 5 avril dans une frappe. Un professeur de l’Université américaine de Beyrouth souligne que les abeilles libanaises pollinisent aussi le nord d’Israël — la destruction des colonies menace donc un équilibre écologique qui dépasse la seule frontière libanaise.

🔎 Pourquoi les ruches du Sud-Liban sont-elles touchées par la guerre ?

Depuis la reprise des combats entre Israël et le Hezbollah le 2 mars 2026, les zones agricoles du Sud-Liban, où se concentre une grande partie de l’apiculture du pays, sont exposées aux frappes israéliennes au même titre que les zones habitées. Des apiculteurs témoignent que leurs ruchers, installés en pleine campagne pour profiter de la flore locale, ont été directement touchés — parfois, selon eux, de façon délibérée plutôt qu’accidentelle. Le ministère libanais de l’Agriculture évoque environ 30 000 ruches affectées depuis le début de cette phase du conflit.


📊 Ce que disent les chiffres, et pourquoi ils divergent

Les estimations varient selon la période et la source considérées. Le ministère libanais de l’Agriculture avance le chiffre de 30 000 ruches touchées depuis l’escalade de mars 2026, tandis que le quotidien L’Orient-Le Jour, cité par le média Mondafrique à propos d’une phase antérieure du conflit remontant à octobre 2023, évoquait environ 3 500 ruches partiellement ou totalement détruites. Cet écart s’explique vraisemblablement par la durée et l’intensité très différentes des deux périodes couvertes, mais aucune source consultée ne propose un décompte consolidé unique et à jour sur l’ensemble du conflit depuis 2023 — un chiffre global reste donc à prendre avec prudence.


🌙 Des apiculteurs qui évacuent leurs colonies sous escorte de nuit

Plusieurs récits recueillis par la presse décrivent des évacuations de ruches organisées de nuit, parfois sous escorte des Casques bleus de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban), pour limiter les risques. Un apiculteur du village de Deir Mimas, pris dans les combats après l’offensive du 2 mars, a raconté n’avoir pu sauver que 50 des 150 ruches qu’il possédait avant la guerre, contraint de les déplacer vers le nord du pays dans l’urgence. Au printemps 2026, environ 600 km² du Sud-Liban restaient sous occupation de l’armée israélienne, rendant l’accès à une partie des ruchers tout simplement impossible pour leurs propriétaires.


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🌍 Une pollinisation transfrontalière, donc un impact qui dépasse le Liban

Le professeur Rami Ollaik, de l’Université américaine de Beyrouth, met en avant une dimension écologique souvent ignorée du conflit : les abeilles élevées côté libanais de la frontière traversent régulièrement vers le nord d’Israël pour polliniser la flore locale, avant de revenir à leur ruche chargées de pollen. La destruction des colonies libanaises ne prive donc pas seulement les apiculteurs de leur activité : elle fragilise un service de pollinisation qui profite aux deux côtés de la frontière, avec des conséquences potentielles sur les rendements agricoles bien au-delà de la seule zone des combats.


💥 Le contexte : une guerre qui a aussi détruit ponts et hôpitaux

Cette destruction des ruchers s’inscrit dans un conflit dont l’intensité a été documentée en détail par Human Rights Watch : rien que le 8 avril 2026, plus de 100 frappes israéliennes ont visé l’ensemble du territoire libanais, faisant 303 morts et 1 150 blessés selon le ministère libanais de la Santé — la journée la plus meurtrière depuis le début de cette phase du conflit, le 2 mars. Entre le 12 mars et le 8 avril, l’armée israélienne a détruit la totalité des grands ponts reliant le Sud-Liban au reste du pays, isolant environ 71 000 habitants et six hôpitaux, dont trois situés au sud du fleuve Litani. Ce conflit s’inscrit dans la continuité des tensions régionales de longue date, dont l’offensive des Houthis au Yémen illustre une autre facette depuis 2023.


🍯 Le poids économique de l’apiculture pour le Sud-Liban

L’apiculture est une activité traditionnelle importante dans le Sud-Liban, où le miel constitue à la fois un revenu d’appoint pour de nombreuses familles rurales et un produit d’exportation local valorisé. Marouf Ramal, tué le 5 avril 2026 dans une frappe israélienne, dirigeait l’une des plus grandes exploitations apicoles du pays — sa mort a été perçue par la profession comme un signal de l’ampleur des pertes humaines dans un secteur jusque-là peu évoqué dans la couverture du conflit, largement centrée sur les bilans humains globaux et les infrastructures. Pour un secteur agricole libanais déjà fragilisé par la crise économique du pays depuis 2019, la perte de dizaines de milliers de colonies représente un choc supplémentaire dont l’ampleur exacte reste, à ce jour, difficile à chiffrer précisément. Ailleurs, d’autres filières agricoles subissent des chocs d’une autre nature : en Bretagne, c’est la pollution liée à l’agriculture intensive elle-même qui met en péril un écosystème local, rappelant que la fragilité environnementale du monde agricole prend des formes très différentes selon les régions.


❓ Questions fréquentes

Les ruches sont-elles délibérément visées par l’armée israélienne ?
Des apiculteurs interrogés par la presse l’affirment, mais aucune source officielle indépendante consultée pour cet article ne confirme un ciblage délibéré et systématique des ruchers en tant que tels — les zones agricoles du Sud-Liban se trouvent aussi être des zones de combat actif, ce qui rend la distinction entre ciblage intentionnel et dommage collatéral difficile à établir depuis l’extérieur.

Combien d’apiculteurs sont morts depuis le début du conflit ?
Au moins 75 selon les décomptes disponibles à ce jour, un chiffre qui devra être actualisé à mesure que la situation évolue.

La destruction des ruches libanaises affecte-t-elle aussi l’agriculture israélienne ?
Selon un chercheur de l’Université américaine de Beyrouth, oui potentiellement, via la pollinisation transfrontalière des abeilles — mais aucune étude d’impact chiffrée sur les rendements agricoles israéliens n’a été consultée pour cet article.


✅ Conclusion

Derrière les bilans humains et les infrastructures détruites, la guerre au Sud-Liban laisse aussi une trace moins visible mais durable : un écosystème de pollinisation fragilisé, dont les effets sur l’agriculture régionale pourraient se faire sentir bien après la fin des hostilités. Le sort des apiculteurs du Sud-Liban illustre une réalité souvent absente des bilans de guerre — celle des dommages environnementaux qui ne s’arrêtent pas aux lignes de front.

⚠️ Rappel sur les limites de cet article

Les chiffres de ruches détruites varient significativement selon la source et la période couverte (30 000 selon le ministère libanais de l’Agriculture pour la phase 2026, contre 3 500 selon L’Orient-Le Jour pour une période antérieure) — aucun décompte consolidé et daté précisément n’a pu être vérifié de façon indépendante pour cet article. L’affirmation d’un ciblage délibéré des ruchers repose sur des témoignages d’apiculteurs, non sur une enquête indépendante confirmée. L’impact chiffré sur l’agriculture israélienne via la pollinisation transfrontalière relève à ce stade d’une hypothèse scientifique plausible, non d’une étude d’impact publiée.

📚 Sources

  1. Reporterre — « Ils bombardent directement les ruches » : au Liban, Israël cible les apiculteurs
  2. Mondafrique — L’apiculture menacée par la guerre au Sud-Liban
  3. Human Rights Watch — Liban : des frappes israéliennes ont tué des centaines de personnes et endommagé un pont vital
  4. Wikipédia — Guerre entre Israël et le Hezbollah (2026)
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