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Barthélémy Hennuyer : Du Parquet des Mineurs au SGDSN – Une Promotion Qui Interroge dans l’Ombre de l’Affaire Epstein


Introduction : Un Parcours au Cœur des Controverses

Dans le tourbillon des enquêtes internationales sur les réseaux d’exploitation sexuelle, le nom de Barthélémy Hennuyer surgit comme un pivot controversé. Ce magistrat français, qui a signé en 2020 une demande d’entraide judiciaire aux États-Unis dans l’affaire Epstein, a été maintenu en détachement au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) par un décret présidentiel en 2024.

Cette affectation au cœur des instances sécuritaires de l’État, sous l’autorité directe du Premier ministre, soulève des questions légitimes : simple reconnaissance d’expertise ou manœuvre pour éloigner un acteur clé d’une enquête sensible ?

🔍 Contexte politique : Le président Emmanuel Macron a publiquement affirmé en février 2026 que l’affaire Epstein concerne « principalement les États-Unis » et a refusé d’y « prendre part », qualifiant les révélations de « carburant pour les théories du complot ».

Dans ce contexte troublé, le parcours de Hennuyer invite à une réflexion critique sur les intersections entre justice, sécurité nationale et politique.

Barthélémy Hennuyer incarne une carrière judiciaire dédiée à la protection des mineurs, mais sa récente intégration au SGDSN – une entité chargée de coordonner les politiques de défense, de sécurité intérieure et de renseignement – n’est pas anodine. Ce poste de conseiller juridique pour les questions judiciaires pourrait-il servir à superviser ou à contenir des enquêtes internationales comme celle sur Epstein ?


Formation et Débuts dans la Magistrature

Barthélémy Hennuyer, né vers le milieu des années 1980, a suivi une formation solide en droit et en philosophie. Son parcours académique témoigne d’une préparation rigoureuse aux complexités éthiques et légales des affaires pénales :

  • Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po) – Master en carrières judiciaires et juridiques
  • Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – Maîtrise en philosophie
  • École nationale de la magistrature (ENM) – Admis au premier concours en 2011

Hennuyer entame sa carrière en janvier 2012 en qualité d’auditeur de justice. Cette phase initiale, essentielle pour tout magistrat français, lui permet d’acquérir une expérience pratique au sein des tribunaux et de se familiariser avec les différentes facettes du système judiciaire.

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Une Carrière Dédiée à la Protection des Mineurs

De juin 2014 à janvier 2018, Hennuyer occupe le poste de substitut placé auprès du procureur général près la cour d’appel de Versailles. Cette période marque ses premiers pas dans le parquet général, où il traite des dossiers variés, affinant son expertise en matière pénale sur des affaires touchant l’ensemble de la région Île-de-France.

En janvier 2018, il franchit une étape décisive en rejoignant le parquet du tribunal judiciaire de Paris, en tant que substitut et adjoint au chef de la section des mineurs (P4). Jusqu’en août 2020, il se consacre entièrement à la justice des mineurs, confronté de plein fouet à l’explosion de la délinquance juvénile dans la capitale.

Dans un reportage publié en février 2020 par L’Obs, Hennuyer décrivait un quotidien intense, dos à la fenêtre de son bureau, absorbé par les appels incessants des commissariats parisiens signalant des affaires de mineurs en danger ou délinquants.

La Lutte contre le Proxénétisme des Cités

Au cours de cette mission délicate, Hennuyer intervient dans des affaires emblématiques de proxénétisme aggravé qui marquent le paysage judiciaire français. En juillet 2018, lors d’un procès retentissant impliquant douze hommes accusés d’avoir prostitué une vingtaine de jeunes filles – majoritairement mineures – en Île-de-France, il requiert des peines sévères allant jusqu’à sept ans de prison ferme.

⚠️ Citation marquante : Hennuyer dénonce alors le « proxénétisme des cités » comme un « fléau en pleine expansion », soulignant son caractère organisé et impitoyable, touchant particulièrement les quartiers populaires d’Île-de-France.

Le Rôle Pivotal dans la Demande d’Entraide Pénale Internationale

Le 8 juillet 2020 constitue un tournant dans la carrière de Hennuyer. À cette date, il signe, au nom du procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris, une demande d’entraide pénale internationale adressée aux autorités compétentes des États-Unis d’Amérique.

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Ce document de sept pages, émanant de la section P4 du parquet des mineurs, vise à obtenir des informations cruciales sur un réseau d’exploitation sexuelle transatlantique lié à l’affaire Jeffrey Epstein.

📄 Détails de l’enquête préliminaire

Ouverture : 30 août 2019, suite à des signalements d’associations comme Innocence en danger

Chefs d’accusation :

  • Viol sur mineur de plus de 15 ans
  • Viol sur mineur de 15 ans
  • Agression sexuelle sur mineur (diverses catégories d’âge)
  • Participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre un crime puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement
  • Autres infractions connexes

La demande sollicite des auditions, des perquisitions et des documents relatifs à des personnes spécifiques, dans le cadre d’une coopération judiciaire réciproque conforme au traité du 10 décembre 1998 entre la France et les États-Unis.

Ce geste judiciaire démontre une volonté ferme de poursuivre les investigations au-delà des frontières, malgré les obstacles posés par le secret de l’enquête et les délais inhérents aux procédures internationales. Pourtant, dans un contexte où Macron minimise publiquement l’implication française, cette initiative courageuse pourrait paradoxalement expliquer une promotion qui semble pour le moins opportune.


Évolutions Récentes de sa Carrière : Une Promotion Présidentielle Qui Interpelle

Après son passage intensif au parquet des mineurs de Paris, Barthélémy Hennuyer est nommé vice-président au tribunal judiciaire de Saint-Pierre de La Réunion, au sein de la cour d’appel de Saint-Denis de La Réunion. Il y préside des audiences, comme en témoigne une décision rendue en 2022 où il officie en tant que président de chambre.

Cette affectation dans les territoires d’outre-mer français pourrait être perçue comme un éloignement géographique stratégique du théâtre parisien des opérations judiciaires sensibles.

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⚖️ Les décrets présidentiels

📅 28 février 2024 : Décret plaçant Hennuyer en position de détachement auprès des services du Premier ministre, dans le corps des administrateurs de l’État, pour exercer les fonctions de conseiller juridique pour les questions judiciaires au sein du SGDSN, pour une durée d’un an à compter du 1er mars 2024.

📅 4 février 2025 (publié au JO le 6 février 2025) : Décret maintenant ce détachement pour deux ans supplémentaires, à compter du 1er mars 2025. Ce décret est signé par le président Emmanuel Macron en personne.

Question centrale : Pourquoi intégrer un magistrat spécialisé dans les affaires de mineurs et les réseaux de proxénétisme internationaux à une structure dédiée à la sécurité nationale, précisément alors que l’affaire Epstein refait surface avec des ramifications françaises potentielles ?

Le SGDSN (Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale) est un organisme stratégique placé sous l’autorité directe du Premier ministre. Il coordonne les politiques de défense, de sécurité intérieure, de renseignement et de gestion de crise. Un poste dans cette institution confère un accès privilégié aux informations sensibles de l’État.

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En octobre 2024, Hennuyer est également désigné membre de la commission instituée à l’article R. 226-2 du code pénal, au titre des personnalités choisies en raison de leur compétence, en remplacement d’un autre magistrat. Cette commission traite de questions pénales sensibles et techniques.

Cette nomination souligne certes son expertise reconnue en matière pénale, mais renforce aussi l’image d’une ascension rapide et stratégique sous l’ère Macron, dans un contexte où les questions de transparence et d’indépendance de la justice se posent avec acuité.


Conclusion et Réflexions

Barthélémy Hennuyer représente indéniablement une magistrature engagée contre les crimes sexuels sur mineurs et les réseaux de proxénétisme. Son parcours témoigne d’un investissement professionnel sans faille dans la protection de l’enfance et la lutte contre l’exploitation sexuelle.

Néanmoins, sa trajectoire récente vers le SGDSN, validée par décret présidentiel signé d’Emmanuel Macron, pose question dans le sillage de l’affaire Epstein. Alors que le président français s’efforce publiquement de reléguer le scandale à une « affaire américaine » et dénonce les « théories du complot », plusieurs interrogations demeurent :

  • Cette promotion pourrait-elle refléter une stratégie pour contenir les retombées domestiques d’une enquête internationale embarrassante ?
  • Le détachement d’un magistrat clé de l’affaire vers un poste sécuritaire constitue-t-il une mise à l’écart déguisée ou une reconnaissance légitime d’expertise ?
  • Quel rôle précis joue Hennuyer au sein du SGDSN, et a-t-il un pouvoir de supervision sur les enquêtes sensibles touchant la sécurité nationale ?

⚠️ Mise en garde : Les interrogations soulevées ici sont basées sur des corrélations temporelles et contextuelles, sans preuves directes de lien causal. Elles visent à interpeller et à encourager la transparence, sans accuser. Dans une démocratie saine, ces questions doivent pouvoir être posées librement.

Les lecteurs sont invités à s’interroger sur ces coïncidences, dans un paysage où justice et sécurité nationale se croisent de manière parfois opaque. La persévérance contre les réseaux criminels internationaux exige transparence et vigilance citoyenne, au-delà des nominations officielles et des communiqués rassurants.

Dans le contexte français, où l’indépendance de la justice vis-à-vis du pouvoir exécutif est régulièrement questionnée – notamment depuis les réformes constitutionnelles et les débats sur le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) – ce type de parcours mérite un examen attentif de la part des citoyens et des médias indépendants.

« La justice doit non seulement être rendue, mais doit également être vue comme étant rendue. » – Principe fondamental de l’État de droit


Sources et Références

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