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Général Zhang Youxia accusé de trahison nucléaire : la purge de Xi Jinping atteint les sommets de l’armée chinoise

Dans un séisme politique sans précédent au sommet de l’armée populaire de libération (APL), le général Zhang Youxia, vice-président de la Commission militaire centrale et autrefois considéré comme l’allié le plus proche de Xi Jinping, fait l’objet d’une enquête pour des accusations extrêmement graves. Selon des révélations internes relayées par des sources fiables, il est soupçonné d’avoir transmis aux États-Unis des données techniques essentielles sur le programme d’armes nucléaires chinoises, tout en ayant accepté d’importants pots-de-vin pour favoriser des promotions, notamment celle de l’ancien ministre de la Défense Li Shangfu.

Cette affaire, exposée lors d’un briefing confidentiel tenu samedi matin devant les plus hauts officiers militaires, marque l’apogée de la campagne antig corruption et de consolidation du pouvoir lancée par Xi Jinping. Elle intervient dans un contexte où plus de cinquante hauts gradés et dirigeants de l’industrie de défense ont été écartés ou placés en enquête depuis deux ans et demi, vidant les rangs supérieurs de l’armée et fragilisant potentiellement sa préparation opérationnelle.

Les accusations portées contre le général Zhang Youxia

Âgé de 75 ans, membre du Politburo et descendant de révolutionnaires (« princeling » (Prince Rouge) au même titre que Xi Jinping, dont le père a combattu aux côtés du sien durant la guerre civile), Zhang Youxia occupait jusqu’à récemment une position clé : vice-président de la Commission militaire centrale (CMC), supervisant notamment une puissante agence chargée de la recherche, du développement et des acquisitions militaires.

Les griefs les plus explosifs concernent :

  • La fuite de secrets nucléaires : transmission aux États-Unis de données techniques centrales relatives au programme d’armes nucléaires chinois. Ces éléments ont émergé dans le cadre de l’enquête sur Gu Jun, ancien directeur général de la China National Nuclear Corporation (entreprise d’État supervisant les volets civils et militaires du nucléaire), annoncée le lundi précédent pour « violations graves de la discipline du parti et des lois de l’État ». Le briefing a explicitement relié Zhang à une brèche de sécurité dans le secteur nucléaire.
  • Corruption massive : acceptation de sommes considérables en échange de promotions au sein du système d’acquisition militaire. Il est notamment accusé d’avoir facilité l’ascension de l’ancien ministre de la Défense Li Shangfu contre d’importants pots-de-vin. Li avait disparu en 2023 avant d’être limogé puis exclu du parti en 2024 pour corruption.
  • Autres manquements : constitution de clans politiques destinés à bâtir des réseaux d’influence au détriment de l’unité du parti, abus d’autorité au sein de la CMC.

Le mécanisme de l’enquête et le briefing décisif

L’enquête a été officiellement annoncée par le ministère chinois de la Défense nationale, qui évoque des « violations graves de la discipline du parti et des lois de l’État » – euphémisme habituel pour corruption et trahison. Un groupe de travail spécialement mandaté par Xi Jinping scrute désormais le mandat de Zhang à la tête de la région militaire de Shenyang (2007-2012) ; ses enquêteurs ont pris leurs quartiers dans des hôtels civils de la ville pour éviter les réseaux militaires.

Le tournant est survenu lors d’un briefing fermé samedi matin : les autorités ont dévoilé les liens entre l’affaire Gu Jun et une compromission nucléaire impliquant Zhang. Des téléphones mobiles d’officiers promus sous son égide, ainsi que ceux liés au général Liu Zhenli (chef du département d’état-major interarmes, également visé le même jour), ont été saisis.

Contexte : la purge militaire la plus radicale depuis Mao

Depuis l’été 2023, Xi Jinping démantèle méthodiquement les plus hautes sphères de l’APL : armée de terre, air, mer, force des missiles stratégiques, police armée. La CMC, qui comptait six membres militaires professionnels en 2022, n’en compte plus qu’un aujourd’hui – un commissaire politique chargé de la loyauté et de la discipline.

Cette vague sans précédent depuis l’ère Mao Zedong vise à éradiquer corruption, réseaux de clientèle et fuites de secrets d’État, perçus comme des menaces existentielles pour le contrôle du parti sur l’armée et pour tout projet de réunification avec Taïwan. L’éditorial du Quotidien de l’APL du samedi accuse Zhang d’avoir « gravement piétiné et miné » l’autorité institutionnelle du président de la CMC.

Conclusion

L’affaire Zhang Youxia représente bien plus qu’un scandale individuel : elle illustre jusqu’où Xi Jinping est prêt à aller pour asseoir son emprise absolue sur l’armée, quitte à sacrifier son ancien compagnon d’armes le plus fidèle. Entre trahison nucléaire présumée et corruption endémique, cette purge expose les failles profondes d’une institution que Pékin présente comme invincible, tout en renforçant paradoxalement le pouvoir personnel du dirigeant chinois. Les conséquences sur la préparation militaire et la stratégie vis-à-vis de Taïwan et des États-Unis pourraient s’avérer durables et profondes.

Source

  1. The Wall Street Journal – « China’s Top General Accused of Giving Nuclear Secrets to U.S. » (article exclusif principal)
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