Enquête · Archives judiciaires américaines
Dans les fichiers judiciaires américains déclassifiés sur Jeffrey Epstein, un nom français apparaît au détour d’un courriel anodin daté du 2 octobre 2016. L’expéditeur : Louis Amsallem, bras droit du président Jack Lang à l’Institut du Monde Arabe (IMA). Le destinataire : l’adresse personnelle de l’homme d’affaires américain condamné pour trafic sexuel de mineures. Une connexion qui soulève des questions sur la porosité des réseaux à la frontière du pouvoir culturel français.
📋 Sommaire
1. Le profil de Louis Amsallem : conseiller à l’Institut du Monde Arabe
Louis Amsallem, également connu sous le nom de Léon Louis Amsallem, occupe depuis des années une position de confiance auprès de Jack Lang, président de l’Institut du Monde Arabe (IMA) — l’une des institutions culturelles les plus prestigieuses de France, fondée en 1980 par François Mitterrand et inaugurée rue des Fossés-Saint-Bernard à Paris, dans le 5e arrondissement.
Ce bras droit participe activement aux activités de l’institution, notamment dans les partenariats institutionnels. Sa présence est attestée lors de réunions officielles, y compris avec des représentants de la communauté musulmane de France.

2. Un courriel de vœux adressé directement à Jeffrey Epstein
Le document, issu des archives du Département de la Justice américain (DOJ) et accessible via les fichiers Epstein déclassifiés, est daté du 2 octobre 2016 — date correspondant au début de Roch Hachana, le Nouvel An juif. L’expéditeur est Louis Amsallem, depuis Jérusalem. Le message est adressé à [email protected], adresse personnelle de Jeffrey Epstein.
Ce message ne contient aucune transaction ni secret d’État. Il s’agit simplement de vœux de bonne année. Pourtant, sa présence dans les archives Epstein soulève une question simple mais implacable : comment un proche du pouvoir culturel français a-t-il pu figurer parmi les contacts amicaux de l’un des réseaux les plus sombres de la planète ?

3. Associé en affaires de l’ancien président du CRIF
Au-delà du courriel Epstein, les documents publics révèlent d’autres connexions notables. Louis Amsallem (Leon Amsallem) partage des responsabilités entrepreneuriales avec Francis Kalifat, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) de 2016 à 2022 — l’organisme représentatif central de la communauté juive en France.
Les deux hommes sont co-associés dans deux structures :
- Groupe Vaneau — groupement d’intérêt économique spécialisé dans la réparation de chaussures et articles de maroquinerie (Louis Amsallem : contrôleur de gestion ; Francis Kalifat : administrateur)
- Latour SARL — société dans laquelle chacun détient 250 parts sociales, attestées par les statuts officiels mis à jour le 4 mai 2022

Ces associations n’ont, en elles-mêmes, aucun caractère délictueux. Elles illustrent néanmoins l’imbrication des réseaux dans lesquels évolue Louis Amsallem, à la croisée des sphères culturelle, communautaire et entrepreneuriale françaises.
4. Médiateur auprès de la Grande Mosquée de Paris
Louis Amsallem intervient également comme intermédiaire entre l’IMA et la Grande Mosquée de Paris, l’une des plus importantes institutions religieuses musulmanes de France, dont le siège se situe place du Puits-de-l’Ermite dans le 5e arrondissement — à quelques centaines de mètres de l’IMA.
Il a participé à des réunions avec le recteur Chems-eddine Hafiz et d’autres représentants afin de développer des partenariats culturels et institutionnels. Des documents publics le présentent comme l’un des interlocuteurs chargés d’identifier et de dialoguer avec les responsables musulmans dits « modérés » dans le cadre des missions de l’IMA.
Ces connexions croisées — Institut du Monde Arabe, CRIF, Grande Mosquée — dessinent le portrait d’un homme de réseau évoluant à l’intersection de trois sphères rarement en contact direct : la culture publique subventionnée, la représentation communautaire juive et le dialogue interreligieux institutionnel.
5. Conclusion : des réseaux visibles, une implication pénale absente
Les faits sont établis par des documents officiels et publics :
- Un courriel amical dans les archives Epstein du DOJ américain
- Une association d’affaires avec l’ex-président du CRIF Francis Kalifat
- Un poste de conseiller auprès de Jack Lang à l’IMA
- Un rôle de médiateur entre l’IMA et la Grande Mosquée de Paris
Aucun élément disponible ne démontre une implication pénale de Louis Amsallem dans les activités criminelles de Jeffrey Epstein. Le courriel constitue un simple message de vœux. Ni Jack Lang, ni l’IMA, ni le CRIF, ni la Grande Mosquée de Paris n’ont publié de commentaire officiel à ce jour (15 mars 2026).
Ces connexions, rendues publiques en 2026, éclairent néanmoins la complexité des réseaux qui traversent la vie publique française — à la frontière entre diplomatie culturelle, entrepreneuriat discret et dialogue communautaire. L’heure est aux vérifications, non aux spéculations.
Sources & documents officiels
- Archives Epstein – Département de la Justice des États-Unis (fichiers EFTA02583671 et EFTA02448960)
- Visionneuse des courriels Epstein (vol00009-efta00816339)
- Registre officiel Pappers.fr – Groupe Vaneau (mis à jour le 15 mars 2026)
- Statuts LATOUR SARL – parts sociales de Louis Amsallem et Francis Kalifat
- Publication officielle Grande Mosquée de Paris – réunion avec Louis Amsallem
- Portrait Francis Kalifat, ex-président du CRIF – L’Express
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