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mercredi, mars 11, 2026
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Frappe mortelle sur une école en Iran : les États-Unis impliqués, Trump nie toute connaissance !

⚠️ Conflit Iran — Mars 2026

Sources vérifiées · Enquête indépendante · Contenu sensible

Le 28 février 2026, un missile Tomahawk américain frappe une école primaire à Minab, dans le sud de l’Iran, faisant au moins 175 morts, dont une majorité d’enfants. Une erreur de ciblage aux conséquences tragiques, au cœur d’une opération militaire conjointe américano-israélienne.

1. Contexte : une offensive au premier jour

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël lancent une vaste offensive militaire contre l’Iran. Dès les premières heures des opérations menées par le groupe de frappe du porte-avions USS Abraham Lincoln, une frappe aérienne ravage l’école primaire Shajarah Tayyebeh, dans la ville de Minab, au sud de l’Iran. Le bilan est catastrophique : au moins 175 morts, dont une écrasante majorité d’enfants.

Pour rappel, aux yeux du droit international humanitaire — les Conventions de Genève en tête —, les établissements scolaires bénéficient d’une protection explicite contre toute attaque délibérée ou négligente. En France, cette notion est bien connue des citoyens depuis les procès pour crimes de guerre de l’ex-Yougoslavie dans les années 1990.

Alors que les autorités iraniennes accusent ouvertement Washington et Tel-Aviv, le président américain Donald Trump rejette toute implication, attribuant d’abord l’attaque à l’Iran lui-même. Cette position, maintenue malgré des preuves croissantes, soulève de vives questions sur la transparence des opérations militaires et leurs conséquences humanitaires.

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2. Les circonstances de la frappe

La frappe a visé l’école primaire Shajarah Tayyebeh, située à Minab, ville portuaire du sud de l’Iran, en bordure du détroit d’Ormuz — axe stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, dont une part significative destinée à l’Europe. Ce bâtiment, autrefois intégré à une base navale des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), en avait été séparé par un mur de périmètre érigé entre 2013 et 2016.

Image satellite de l'école Shajarah Tayyebeh à Minab, Iran
Image satellite montrant l’école Shajarah Tayyebeh et la base adjacente des Gardiens de la Révolution islamique avant la frappe du 28 février 2026. Source : The New York Times / Planet Labs.

Des images satellites montrent clairement l’ajout de terrains de jeux et des murs peints en bleu et rose dès 2018, confirmant sans ambiguïté l’usage civil et éducatif du bâtiment. L’attaque s’est produite peu après 11h30 heure locale, en plein milieu de la matinée scolaire.

Un missile de croisière Tomahawk — arme exclusivement utilisée par les forces américaines dans ce conflit — a été identifié comme l’engin responsable. À titre de comparaison, le Tomahawk est l’arme de précision standard employée par Washington dans des frappes similaires depuis la guerre du Golfe de 1991, et bien connue du grand public français depuis les images télévisées des conflits irakiens.


3. L’enquête révèle une erreur de ciblage

Selon les conclusions préliminaires d’une enquête militaire américaine, la frappe résulte d’une erreur due à des données de ciblage obsolètes, fournies par l’Agence de renseignement de la Défense (Defense Intelligence Agency — DIA). Ces informations erronées indiquaient que le bâtiment de l’école faisait encore partie de la base militaire adjacente, ciblée lors de l’offensive.

Débris de missile Tomahawk près de l'école détruite en Iran
Débris identifiés comme provenant d’un missile Tomahawk américain, retrouvés près des ruines de l’école Shajarah Tayyebeh à Minab. Source : NBC News.

Des experts indépendants en munitions, des analyses visuelles conduites par Bellingcat — organisation d’investigation en sources ouvertes (OSINT), dont le travail est reconnu jusqu’à La Haye — et The New York Times confirment que le missile a frappé la zone scolaire, causant des dommages massifs.

L’enquête reste en cours, mais des questions persistantes demeurent sur l’absence de vérification des données avant le tir. La procédure standard de l’OTAN, que les États-Unis ont pourtant contribué à codifier, impose une validation croisée avant toute frappe en zone habitée. Des organisations comme Human Rights Watch appellent à une investigation pour crime de guerre, soulignant l’illégalité d’une attaque contre un objectif civil, même involontaire.

🔍 Pour aller plus loin : Le rapport complet de Human Rights Watch sur cette frappe est disponible sur ReliefWeb. L’analyse visuelle détaillée de Bellingcat est accessible ici.

4. La réaction de Donald Trump

Interrogé sur les conclusions de l’enquête militaire, Donald Trump a déclaré ne pas en avoir connaissance, affirmant simplement : « Je n’en sais rien ». Auparavant, il avait pourtant accusé l’Iran d’être lui-même responsable de la frappe, qualifiant ses munitions d’imprécises et affirmant que « seul Téhéran cible des civils ».

Cette position a été rapidement contredite par les preuves accumulées. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a confirmé l’ouverture d’une enquête officielle, tandis que la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a insisté sur le caractère « préliminaire » des conclusions — un positionnement qui rappelle les atermoiements américains observés en France après les révélations sur Abu Ghraib en 2004 ou lors des enquêtes sur les frappes de drones au Pakistan et au Yémen.

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5. Preuves visuelles et témoignages

Une vidéo authentifiée, publiée par l’agence iranienne Mehr News et analysée par Bellingcat ainsi que le New York Times, montre distinctement un missile Tomahawk frappant la base navale adjacente, avec de la fumée s’élevant de la zone de l’école. Ces images constituent un élément central à charge dans l’enquête.

🎥 Analyse vidéo : ce que les images révèlent sur la frappe de Minab.

Des témoignages de survivants et de secouristes dépeignent des scènes d’une violence extrême : enfants piégés sous les décombres, membres arrachés, scènes rappelant aux humanitaires français les images des bombardements de Mossoul en 2016-2017 lors des combats contre l’État islamique. Les autorités iraniennes rapportent au moins 175 morts, un bilan partiellement corroboré par l’UNICEF qui a confirmé 168 élèves décédés.

Préparation de tombes collectives pour les victimes de la frappe sur l'école en Iran
Préparation de tombes collectives pour les victimes de la frappe sur l’école Shajarah Tayyebeh. Source : Le Devoir.

Notons que les bilans de victimes varient légèrement selon les sources (entre 150 et 175 morts), l’accès au site restant limité pour les observateurs indépendants.


6. Implications internationales

Cet incident jette une ombre profonde sur l’opération militaire américaine, et met en lumière des failles graves dans les systèmes de renseignement de la DIA. Pour le public français, il rappelle douloureusement la controverse autour des frappes françaises au Sahel, notamment à Bounti au Mali en 2021, où l’armée française avait également été accusée d’avoir touché des civils lors d’un mariage — avant que des enquêtes indépendantes ne contredisent la version officielle.

Sur le plan diplomatique, l’incident pourrait entraîner :

  • Des appels formels à la responsabilité devant le Conseil de sécurité de l’ONU
  • Une demande de compensations pour les familles des victimes
  • L’ouverture d’une procédure devant la Cour pénale internationale (CPI), dont la France est signataire et à laquelle elle prête une attention particulière depuis l’affaire syrienne
  • Un renforcement des exigences de vérification dans les protocoles de ciblage au sein de l’OTAN

En définitive, cette frappe erronée sur une école iranienne expose les horreurs collatérales de la guerre moderne, et interpelle avec force sur la nécessité absolue de protéger les civils, même — et surtout — lorsque des erreurs techniques sont en cause. L’enquête est toujours en cours ; de nouveaux éléments pourraient émerger dans les prochaines semaines.

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