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« Brexit, juste le début » : les fichiers Epstein dévoilent l’échange entre Jeffrey Epstein et Peter Thiel sur le retour au tribalisme

Un e-mail explosif trois jours après le Brexit

Le 26 juin 2016, soit trois jours seulement après le référendum britannique qui allait changer la face de l’Europe, Jeffrey Epstein adresse un courriel à Peter Thiel. Dans ce message désormais public, le financier condamné pour crimes sexuels sur mineurs célèbre le Brexit comme le début d’un « retour au tribalisme », contre la mondialisation, et évoque les nouvelles alliances qui en découlent. Il ajoute que repérer des actifs en voie d’effondrement est bien plus aisé que de dénicher la prochaine bonne affaire.

Pour les lecteurs français, rappelons le contexte : le 23 juin 2016, les Britanniques votaient à 51,9 % en faveur de la sortie de l’Union européenne — un séisme politique qui allait bouleverser non seulement le Royaume-Uni, mais aussi les équilibres commerciaux et diplomatiques de l’ensemble du continent européen, France en tête.

Cet échange, extrait des millions de documents des « fichiers Epstein » publiés par le ministère de la Justice américain en janvier et février 2026, révèle une proximité idéologique et personnelle entre deux figures centrales des réseaux de pouvoir mondiaux. Peter Thiel, cofondateur de Palantir Technologies, répond d’abord par un laconique « De quoi ? » avant que la discussion ne se précise.

💡 À noter : Palantir Technologies, l’entreprise cofondée par Thiel, travaille notamment avec des gouvernements européens — dont des agences françaises — sur des contrats d’analyse de données massives et de surveillance. L’idéologie de son fondateur n’est donc pas sans résonance en France.

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Le contenu précis de la correspondance de 2016

L’échange est d’une concision frappante. Voici le fil de la conversation telle qu’elle apparaît dans les archives :

De : Jeffrey Epstein
À : Peter Thiel
Date : 26 juin 2016


Epstein : « Brexit, juste le début »

Thiel : « De quoi ? »

Epstein : « retour au tribalisme. contre la mondialisation. alliances nouvelles étonnantes. vous et moi nous accordions sur le fait que les taux d’intérêt zéro étaient trop élevés. et comme je l’ai dit dans votre bureau — trouver des choses en voie d’effondrement était beaucoup plus facile que de trouver la prochaine bonne affaire. »

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Document issu des fichiers Epstein rendus publics par le ministère de la Justice américain : Epstein écrit à Thiel que le Brexit n’est « que le début » d’un « retour au tribalisme, contre la mondialisation, avec de nouvelles alliances étonnantes ».

Ces quelques lignes condensent une vision du monde partagée : la fragmentation géopolitique n’est pas une menace, mais une opportunité. La référence aux « taux d’intérêt zéro trop élevés » trahit une convergence de vues sur la politique monétaire — une position alors minoritaire, mais qui allait trouver un écho croissant dans les années suivantes, notamment avec la remontée des taux par la BCE et la Fed.

La phrase finale — « trouver des choses en voie d’effondrement était beaucoup plus facile que de trouver la prochaine bonne affaire » — constitue, au-delà de son cynisme apparent, un aveu de stratégie d’investissement basée sur la prédation d’actifs dépréciés.


Peter Thiel : du cofondateur de PayPal à l’empire Palantir

Photographies de Peter Thiel et de Jeffrey Epstein placées côte à côte
À gauche, Peter Thiel, milliardaire libertarien et cofondateur de Palantir Technologies ; à droite, Jeffrey Epstein. Les deux hommes ont entretenu des relations documentées entre 2014 et 2017, bien après la condamnation d’Epstein en 2008.

Peter Thiel, né en 1967 à Francfort (Allemagne), est l’une des personnalités les plus influentes — et les plus controversées — de la Silicon Valley. Son parcours peut se résumer ainsi :

  • 1998 : cofondation de PayPal, revendu à eBay pour 1,5 milliard de dollars en 2002
  • 2003 : fondation de Palantir Technologies, spécialisée dans l’analyse de données massives pour gouvernements et agences de renseignement
  • 2004 : premier investisseur externe dans Facebook (mise initiale de 500 000 $)
  • 2016 : soutien public et financier à la candidature de Donald Trump, discours à la convention républicaine
  • 2022-2024 : financement clé de la carrière politique de JD Vance, aujourd’hui vice-président des États-Unis

Thiel défend ouvertement des positions critiques envers la démocratie libérale — il a écrit en 2009 que « la liberté et la démocratie ne sont plus compatibles » — et prône un retour à des formes de gouvernance plus autoritaires ou technocratiques. Une vision qui résonne singulièrement avec le contenu de son échange avec Epstein.

Les fichiers Epstein le mentionnent plus de 2 200 fois, confirmant des rencontres répétées et des échanges réguliers après la condamnation du financier en 2008 pour sollicitation de prostitution de mineures.

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Ce que ces documents disent des réseaux de pouvoir

Au-delà du scandale, l’échange met en lumière une convergence de vues structurée entre acteurs des sphères financières et technologiques :

  • Célébration de la fragmentation : le Brexit est perçu non comme une crise, mais comme la première pièce d’un effondrement de l’ordre libéral mondialisé — une opportunité.
  • Tribalisme assumé : le retour à des identités nationales ou communautaires fermées est présenté comme inévitable, voire souhaitable.
  • Profit sur la désintégration : la stratégie explicite consiste à identifier des actifs en voie d’effondrement pour les acquérir à bas prix.

Ces éléments révèlent qu’Epstein ne se contentait pas d’un rôle d’intermédiaire social. Il fonctionnait comme un agrégateur d’analyses et de positions stratégiques, circulant entre puissants de tous bords idéologiques.

À ce jour, aucune poursuite judiciaire n’a été engagée contre Peter Thiel à la suite de ces révélations, qui concernent exclusivement des échanges antérieurs à 2019, date du décès d’Epstein en détention.

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Conclusion

Les fichiers Epstein publiés en 2026 confirment, noir sur blanc, que Jeffrey Epstein et Peter Thiel partageaient une analyse lucide — et froide — du Brexit comme amorce d’un recul de la mondialisation, au profit d’un retour au tribalisme, avec des opportunités lucratives liées aux effondrements.

Pour les Français, la portée de ces révélations est double : d’un côté, elles éclairent les arrière-plans idéologiques d’acteurs technologiques dont les entreprises opèrent sur le sol européen et français ; de l’autre, elles rappellent que les grandes fractures géopolitiques — dont le Brexit, qui a directement affaibli la position commerciale française en Europe — peuvent être anticipées, voire souhaitées, par des réseaux d’influence privés.

Ces documents, accessibles publiquement via le site du ministère de la Justice américain, constituent une pièce supplémentaire dans le puzzle des relations qui ont uni, pendant des années, un prédateur sexuel condamné et les cercles les plus influents de la finance mondiale et de la tech californienne. Peter Thiel n’a, à ce jour, émis aucun commentaire public sur cet échange spécifique.

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